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Opérations audacieuses des rebelles syriens après une réunion à l'ONU

31/08/2012 04:33 EDT | Actualisé 30/10/2012 05:12 EDT

Les rebelles syriens ont lancé vendredi avant l'aube deux opérations audacieuses en s'attaquant à des bâtiments des services de sécurité et de la défense aérienne à Alep, peu après une réunion du Conseil de sécurité axée sur le sort des réfugiés fuyant par milliers la guerre.

Les combats dans les régions d'Alep et de Damas, les deux grands fronts de ce conflit, ne connaissent aucun répit, faisant chaque jour des dizaines de morts et poussant à la fuite des milliers de Syriens, dont nombre d'entre eux sont bloqués à la frontière avec la Turquie, débordée par leur afflux.

Mais l'idée d'Ankara de créer des zones protégées en Syrie pour les réfugiés a été accueillie jeudi avec de fortes réserves et réticences au Conseil de sécurité de l'ONU en raison notamment des difficultés qu'il y aurait à assurer la sécurité et la protection d'une telle "zone tampon" en territoire syrien.

Difficultés d'autant plus grandes que le Conseil de sécurité reste divisé sur le dossier syrien, la Russie et la Chine refusant "toute ingérence étrangère" pour forcer le départ du président Bachar al-Assad et ayant déjà mis à trois reprises leur veto à des résolutions condamnant le régime syrien.

La France a de son côté proposé une aide matérielle et financière aux "zones libérées" par l'Armée syrienne libre (ASL) pour préparer l'après-Assad et inciter les Syriens voulant fuir à rester dans ces zones, selon le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius.

Depuis le début du conflit en mars 2011, 25.500 Syriens, en majorité des civils, ont été tués selon une ONG syrienne, 2 millions de personnes ont dû fuir leur maison et les violences pour s'installer ailleurs dans le pays et des centaines de milliers d'autres se sont réfugiées principalement en Turquie et en Jordanie, mais aussi au Liban et même en Irak, selon des estimations de l'ONU.

De nombreux Syriens devaient vendredi après la prière manifester comme chaque semaine depuis 17 mois contre le régime syrien, qualifié la veille d'"oppressif" et d'"illégitime" par le président égyptien Mohamed Morsi lors d'un discours pour le sommet des Non-Alignés à Téhéran, capitale du plus ferme allié de Damas.

Le discours de M. Morsi a suscité la colère de la délégation syrienne présente au sommet qui a quitté la salle, mais a été salué à Washington.

Sur le terrain, les insurgés ont tenté de s'emparer d'un bâtiment de la défense aérienne à Boumakal (est) après avoir affirmé la veille avoir abattu un avion de combat, fait rarissime depuis le début des combats, et s'être emparé d'une base aérienne militaire dans la région septentrionale d'Idleb (nord-ouest), selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Les insurgés semblent avoir concentré nombre de leurs attaques ces derniers jours contre des bases aériennes et des appareils de l'armée, affirmant avoir notamment détruit plusieurs hélicoptères, afin de contrer la maîtrise du ciel de l'aviation syrienne dont les bombardements font chaque jour des dizaines de victimes.

Les rebelles avaient réclamé en vain que le Conseil de sécurité de l'ONU débatte de la création de zones d'exclusion aérienne au-dessus de la Syrie, mais Moscou a d'ores et déjà déclaré son opposition à de telles zones.

A Alep, capitale commerciale du pays ravagée depuis plus d'un mois par une bataille cruciale, les rebelles ont mené une autre opération d'envergure en attaquant un bâtiment des services de sécurité ayant entraîné une fusillade, selon l'OSDH qui ne disposait d'aucun bilan dans l'immédiat.

Des combats et bombardements ont été signalés dans la nuit dans plusieurs quartiers de la ville, dont les bastions rebelles de Salaheddine et Saïf el-Dawla, selon l'OSDH.

Sur l'autre grand front de ce conflit, Damas et sa province, les troupes régulières ont bombardé la localité de Rankous alors qu'à Sayidé Zeinab, les rebelles ont capturé neuf membres des troupes gouvernementales, selon la même source.

Par ailleurs, un journaliste américain indépendant, Austin Tice, 31 ans, porté disparu depuis deux semaines en Syrie, est détenu par les forces du régime Assad, selon le Washington Post, son dernier employeur, citant l'ambassadrice tchèque en Syrie Eva Filipi qui représente les intérêts américains sur place depuis la fermeture de la mission américaine.

Un autre journaliste travaillant pour Al-Hurra, une chaîne de télévision en arabe financée par les Etats-Unis, le Palestinien Bachar Fahmi al-Kadumi, est aussi détenu par l'armée syrienne après avoir disparu à Alep le 20 août, selon son frère.

Les violences ont fait 119 morts jeudi à travers le pays, dont 79 civils, selon l'OSDH qui ne disposait pas encore de bilan pour la journée de vendredi.

Enfin le Conseil de sécurité de l'ONU a mis en garde jeudi contre les tentatives de déstabilisation du Liban où la situation est très tendue en raison du conflit syrien, avec des accrochages sporadiques meurtriers dans la ville de Tripoli (nord).

bur/sb/sw

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