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Nucléaire: l'Iran rejette les accusations de l'AIEA sur le site de Parchin

31/08/2012 05:51 EDT | Actualisé 31/10/2012 05:12 EDT

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Ali Akbar Salehi, a rejeté vendredi les accusations de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) sur une entrave à la vérification d'installation suspecte sur le site militaire de Parchin, rapporte l'agence Isna.

"De telles déclarations n'ont pas de base technique. Les experts savent qu'il s'agit de simples prétextes et que l'on ne peut pas nettoyer un site" par des travaux, a déclaré M. Salehi, cité par Isna.

L'AEIA a accusé jeudi dans un rapport l'Iran d'avoir "mené des activités" à Parchin "qui entraveront considérablement la capacité de l'agence à mener une vérification efficace", laissant entendre que Téhéran a fait disparaître des traces suspectes.

L'agence onusienne soupçonne l'Iran d'avoir procédé sur cette base à des tests d'explosion conventionnelle susceptibles d'être applicables au nucléaire, ce que Téhéran dément.

L'AIEA et l'Iran ont mené depuis le début de l'année plusieurs séries de discussions à propos d'une inspection à Parchin, mais n'ont pas réussi à se mettre d'accord sur les conditions d'une telle visite.

Le porte-parole de la commission des Affaires étrangères au Parlement iranien, Hossein Naghavi Hosseini, a pour sa part estimé que le rapport de l'AIEA ne faisait que répéter des accusations déjà anciennes et ne comportait "aucun élément nouveau".

Le porte-parole du président Barack Obama, Jay Carney, a affirmé jeudi les Etats-Unis étaient déterminés à empêcher Téhéran de se doter d'une bombe nucléaire, tout en ajoutant qu'ils seraient en mesure de savoir si l'Iran lançait l'élaboration d'une telle arme.

"La fenêtre pour résoudre (ce dossier) reste ouverte (...) mais elle ne restera pas ouverte indéfiniment", a affirmé M. Carney.

L'uranium enrichi est utilisé pour la production d'électricité ou d'isotopes médicaux, servant à diagnostiquer certains cancers, mais purifié jusqu'à 90%, il entre dans la fabrication de l'arme atomique. L'Iran ne va pas au-delà de 20%.

Les Occidentaux et Israël soupçonnent le pays de vouloir, sous couvert de son programme civil, développer l'arme nucléaire, ce que Téhéran a toujours démenti. Le pays est sous le coup de six résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies, dont quatre assorties de sanctions, notamment concernant l'enrichissement d'uranium.

A l'ouverture du sommet des Non-Alignés qui se tient jusqu'à vendredi soir à Téhéran, le guide suprême de la République islamique, l'ayatollah Ali Khamenei, a de nouveau assuré jeudi que l'Iran ne chercherait "jamais à avoir l'arme atomique".

L'AIEA reproche toutefois à l'Iran de ne pas coopérer suffisamment avec elle, ce qui l'empêche, après plus de huit ans d'enquête, de confirmer que le programme est bien purement pacifique.

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