NOUVELLES

"Nous ne cèderons pas malgré vos canons", scandent les manifestants syriens

31/08/2012 11:47 EDT | Actualisé 31/10/2012 05:12 EDT

Des manifestations hostiles au régime de Bachar al-Assad secouaient vendredi plusieurs villes et localités de Syrie, parfois en petits groupes par crainte des bombardements, selon des militants et une correspondante de l'AFP.

A Marea, une localité rebelle de la province d'Alep (nord), quelques dizaines de personnes ont bravé leur peur et scandé des slogans hostiles au pouvoir en ce jour traditionnel de manifestations après la prière musulmane du vendredi, selon la journaliste.

"Bachar, dégage!", ont lancé des hommes et des garçons dans le centre-ville, s'en prenant également au parti libanais chiite Hezbollah, allié de Damas.

"Que Dieu protège l'Armée syrienne libre (ASL)", entonne un petit garçon, un slogan repris en choeur par les adultes, en soutien à ces rebelles qui combattent les troupes du régime.

Au coeur du rassemblement, un homme vêtu d'une robe traditionnelle danse en cercle, à l'image d'un derviche tourneur. Il agite un drapeau blanc, sur lequel est inscrit la profession de foi musulmane.

Les manifestants gardent cependant leurs yeux rivés vers le ciel, à la recherche d'un avion de combat ou d'un hélicoptère qui bombardent régulièrement cette localité de 30.000 habitants, semant la panique et la mort.

"Nous sommes moins nombreux qu'avant car nous avons peur des bombardements", explique un habitant, suppliant la communauté internationale de fournir aux rebelles des armes anti-aériennes.

Depuis le 10 avril, l'armée n'est plus présente dans cette localité, où les habitants affirment qu'elle avait incendié des centaines de maisons et de commerces pour se venger de la population partisane de la révolte.

Marea est devenue un passage pour les civils fuyant la ville d'Alep, où se joue une bataille cruciale du conflit syrien, vers la Turquie voisine.

Ailleurs dans le pays, selon des vidéos postées par les militants, des dizaines de milliers de manifestants ont défilé dans plusieurs provinces, malgré le "grand déploiement" des forces du régime qui assimile la rébellion à des terroristes, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

"Nous ne cèderons pas malgré vos chars et vos canons", ont scandé frénétiquement les manifestants à Assali, un quartier sud de Damas.

Les accès à Damas étaient fermés vendredi par des barrages des services de sécurité, a constaté un journaliste de l'AFP, et seront fermés jusqu'à samedi soir.

Dans la plupart des quartiers de la capitale, des barrages ont été également installés, les forces de l'ordre vérifiant les papiers d'identité des automobilistes et inspectant les coffres des voitures.

A Kafarzita, dans la province de Hama (centre), des manifestants, dont beaucoup d'enfants, ont porté les drapeaux de la révolte en scandant "La mort plutôt que l'humiliation", un des leitmotivs de la révolte.

Même ton dans la province de Deraa, berceau de la contestation dans le sud du pays: "nous ne nous agenouillerons que devant Dieu" ou encore "Honte à toi, soldat traître", pour fustiger l'armée, accusée de tuer des dizaines de civils chaque jour.

"Que tu es belle, liberté", ont scandé des enfants qui manifestaient en tête d'un cortège à Abezmo, dans la province d'Alep (nord).

Les militants anti-régime avaient choisi comme slogan pour les manifestations de cette semaine "Daraya, une flamme qui ne s'éteindra jamais", en référence à cette localité de la banlieue de Damas où plusieurs centaines de corps ont été retrouvés le week-end dernier après une offensive de l'armée qui a duré plusieurs jours. Régime et opposition se sont rejeté la responsabilité du massacre.

dsg-sk/ram/vl

PLUS:afp