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Musique, larmes et ballons par milliers pour célébrer la "vision" de Romney

31/08/2012 12:02 EDT | Actualisé 30/10/2012 05:12 EDT

Quatre ans qu'elle attend ce moment... Jane Dale laisse glisser une larme pour "son" Mitt Romney, alors que des milliers de ballons aux couleurs du Parti républicain remplissent la salle du Forum de Tampa pour célébrer le "grand soir" du candidat à la Maison Blanche.

"C'est extraordinaire. Je l'adore, j'avais voté pour lui il y a 4 ans" aux primaires de 2008, déclare Jane, venue de Las Vegas pour voir son "héros".

Son mari la tire déjà par la manche -- "on a un dîner qui nous attend" -- mais Jane, avec sa broche "MITT" en brillants, n'a pas fini. "Il est honnête, on peut lui faire confiance, c'est un père, un mari. Il a tout ce qu'il faut. C'est mon Mitt, que Dieu le bénisse".

Avant cette apothéose réglée au millimètre, la pression est montée progressivement, au rythme des intervenants et de vidéos taillées sur mesure, avec gros plans avantageux et musique ad hoc.

La grande fête est lancée vers 19H30 locales avec le président de la Chambre des représentants John Boehner, qui propose solennellement aux "honorables Mitt Romney et Paul Ryan" la candidature du Parti républicain à la présidence et à la vice-présidence des Etats-Unis.

Et la sono d'enchaîner avec les Black Eyed Peas et leur tube, plein de promesses, "I gotta feeling" -- "Je sens que cette nuit va être une bonne nuit". La fosse de la salle, où s'entassent les délégués, commence à se déhancher. Et si le Connecticut reste un peu raide, la Californie bouge en cadence.

Pendant ce temps, en attendant les ténors du parti, les participants s'égayent dans les couloirs du Forum, pour un hot dog, un cookie au couleurs du parti républicain, une prière dans la salle spécialement prévu à cet effet, ou un petit tour par la boutique de souvenirs, où les dollars coulent à flots.

Connie Rivers, venue du Tennessee, débardeur et casquette aux couleurs du drapeau américain, couverts de pin's et de broches "I love Mitt", a acheté "des t-shirts, des porte-clés et des petits éléphants", l'emblème des républicains. "C'est pour mes amis et mes petits-enfants. C'est une commande!".

De retour dans la fosse, où l'on compare le stylisme des chapeaux de cow-boys des délégués texans et des étranges casques noirs de leurs collègues de Virginie Occidentale, il faut attendre 22H00 pour que le thermomètre, déjà titillé par une brochette de champions olympiques, monte inexorablement.

Car après une vidéo de rigueur à la gloire de la famille Romney, la lumière baisse et la silhouette reconnaissable entre mille de Clint Eastwood dans "Le bon, la brute et le truand", pistolets bien en évidence, électrise la salle.

"C'est un dur à cuire, dans ses films. C'est le gars qui n'a jamais peur des défis qui se présentent à lui. C'est parfait qu'il soit là", déclare à l'AFP le pasteur Stephen Broden, délégué du Texas.

Dans la tribune, ils sont tous là pour écouter la légende du cinéma blaguer avec un Barack Obama invisible, symbolisé par une chaise vide: Ann Romney, toute de bleu vêtue, les cinq garçons du couple Romney, Paul Ryan et sa famille.

Puis, après que le jeune sénateur Marco Rubio eut démontré une fois encore ses talents d'orateur, le héros de la soirée entre sous la vivats par la fosse, au son des guitares électriques, et accepte l'investiture de son parti.

Quarante-cinq minutes plus tard, rythmées par les "USA! USA! USA!" scandés à tue-tête, les ovations et l'expulsion -- inattendue, celle-là -- de trois manifestants anti-Wall Street, la salle en délire célèbre son héros dans un déluge de musique, de ballons et de lumières multicolores.

rr/lb/jca

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