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Mitt Romney évoque sa foi mormone à Tampa

31/08/2012 12:06 EDT | Actualisé 30/10/2012 05:12 EDT

Mitt Romney a publiquement évoqué jeudi soir sa foi mormone, en acceptant la nomination du Parti républicain à l'élection présidentielle, lors d'une soirée où plusieurs de ses amis ont également témoigné sur sa foi et son importance dans sa vie.

S'exprimant devant les délégués de son parti à Tampa, M. Romney a raconté qu'il avait grandi dans le Michigan, dont son père était gouverneur. "Nous étions mormons et avons grandi dans le Michigan. Ce semblait peut-être inhabituel ou déplacé, mais je ne m'en souviens pas comme ça. Mes amis s'intéressaient plus aux équipes de sport que nous suivions qu'à l'église où nous allions", a-t-il déclaré.

Mais M. Romney, bien que très impliqué pendant des années dans la vie de l'Eglise, était jusqu'à présent toujours resté remarquablement discret sur le sujet.

Avant son discours, un ami proche de l'ex-gouverneur du Massachusetts, Grant Bennett, rencontré dans l'Eglise mormone, avait présenté deux familles que M. Romney avait aidées, notamment Ted et Pat Oparowsky, du New Hampshire, dont le fils souffrait d'un cancer.

Une autre membre de l'Eglise, Pam Finlayson, a évoqué la foi du candidat, assurant: "Quand je vois Mitt, je sais que c'est un père aimant, un homme de foi et un ami attentionné".

L'Eglise mormone, -- officiellement L'Eglise de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours (LDS) -- est née aux Etats-Unis et représente aujourd'hui 2% de la population américaine. Elle est connue pour ses missionnaires, sa pratique -- rejetée en 1890 -- de la polygamie et son expertise en généalogie.

Avec Mitt Romney, c'est aussi la première fois que l'un de ses fidèles reçoit l'investiture d'un parti pour briguer la Maison Blanche.

Sa femme Ann qui s'était convertie à sa foi avant de l'épouser, avait dans son discours mardi, également brièvement abordé le sujet. "Quand nous sommes tombés amoureux, nous étions déterminés à ce que rien ne vienne se mettre en travers de notre vie ensemble. J'étais épiscopalienne, il était mormon", avait-elle déclaré, racontant un mari ayant "essayé de vivre sa vie avec des valeurs centrées sur la famille, la foi et l'amour de son prochain (...), passant d'innombrables heures à aider les autres".

Mitt Romney a également raconté jeudi soir les amis rencontrés dans son église, en arrivant avec sa famille dans le Massachusetts comme gouverneur, l'entraide qui prévalait entre eux.

Charles Franklin, professeur de sciences politiques à l'Université du Wisconsin, estime que l'une des raisons de sa discrétion pendant la campagne est la méfiance bien enracinée des Américains envers les mormons, bien que ces derniers se réclament du christianisme, la foi majoritaire aux Etats-Unis.

"Il y a évidemment un risque (de rejet) de la part de nombreux chrétiens conservateurs au sein du parti (républicain), qui ont une profonde méfiance en envers les mormons", explique M. Franklin. "C'est la raison stratégique et tactique fondamentale qui le pousse à ne pas beaucoup aborder le sujet".

Selon un sondage Bloomberg News publié en mars, plus d'un Américain sur trois a une opinion défavorable sur les mormons.

Ces dernières semaines, cependant, M. Romney avait commencé à entrouvrir la porte sur sa foi, invitant même la presse, début août, à assister à un service religieux mormon avec sa famille, alors que son équipe de campagne répète à l'envi qu'il est un défenseur de la liberté de culte.

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