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Manifestations anti-régime en Syrie, Ban demande un arrêt des violences

31/08/2012 11:46 EDT | Actualisé 31/10/2012 05:12 EDT

Des manifestations ont eu lieu vendredi dans plusieurs villes de Syrie pour réclamer le départ du président Bachar al-Assad, à qui le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a demandé de ne plus utiliser d'armes lourdes dans sa répression de la révolte.

Comme chaque vendredi depuis le début de l'insurrection en mars 2011, des dizaines de milliers de Syriens sont descendus dans les rues, mais parfois en petits groupes par crainte des bombardements, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

"Nous ne cèderons pas, malgré vos chars et vos canons", ont scandé frénétiquement les manifestants à Aassali, un quartier du sud de Damas.

Les forces du régime, qui assimile opposition et terrorisme, avaient pourtant été largement déployées. Ainsi, les accès à Damas étaient fermés et la plupart des quartiers de la capitale parsemés de barrages des services de sécurité, selon un journaliste de l'AFP.

A Kafarzita (centre), des manifestants, dont beaucoup d'enfants, ont scandé "La mort plutôt que l'humiliation", un des leitmotivs des militants anti-régime, selon des vidéos diffusées par les militants. Le ton était également au défi dans la province de Deraa (sud): "Nous ne nous agenouillerons que devant Dieu", "Martyr, tu es un héros".

Selon Rami Abdel Rahmane, directeur de l'OSDH, qui s'appuie sur un réseau de militants et de témoins, il y a eu des manifestations dans toutes les régions, sauf celles visées "par des opérations militaires" et celles "vidées de leurs habitants".

A travers le pays, au moins 17 personnes ont été tuées vendredi, selon un bilan provisoire de l'OSDH qui avait fait état de 119 morts jeudi.

Ainsi, six personnes ont été tuées dans des bombardements autour d'Abou el-Zouhour, où se trouve l'une des deux importantes bases aériennes militaires de la région d'Idleb (nord-ouest), théâtre de combats entre armée et rebelles pour la deuxième journée consécutive, a indiqué l'OSDH.

Selon un chef rebelle local, le régime utilise la base d'Abou el-Zouhour "pour envoyer ses avions bombarder les maisons des civils".

Les rebelles, qui avaient affirmé jeudi avoir abattu un avion de combat peu après son décollage de cette base, ont également tenté de vendredi matin de s'emparer d'un bâtiment de la défense aérienne à Boumakal (est).

Sur le front diplomatique, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon a rencontré le Premier ministre syrien Waël al-Halaqi à Téhéran, en marge du sommet des Non-Alignés, pour répéter ses appels à cesser la répression.

"J'ai rappelé que toutes les parties devaient cesser toute forme de violence, la responsabilité principale incombant au gouvernement syrien qui doit cesser d'utiliser des armes lourdes", a déclaré M. Ban lors d'un point de presse, demandant aussi aux pays étrangers de cesser de fournir des armes "aux deux parties".

Jeudi, M. Ban avait demandé au président iranien Mahmoud Ahmadinejad "d'user de l'influence" de l'Iran pour convaincre Damas, dont Téhéran est un important allié, de mettre fin aux violences. Le Guide suprême iranien Ali Khamenei a cependant accusé les Etats-Unis et Israël d'être "les principaux responsables cachés" de la crise syrienne.

Et le vice-ministre syrien des Affaires étrangères, Fayçal Mekdad, a accusé Ankara d'"entraîner" et de "faire passer des terroristes en Syrie".

Aucune issue n'était en vue après plus de 17 mois d'une révolte qui s'est militarisée face à la répression, et de violences qui ont fait plus de 26.000 morts, en majorité des civils, selon l'OSDH.

Après de vains appels au départ du président Assad, fermement soutenu par Moscou, Pékin et Téhéran, les pays occidentaux se concentrent désormais sur le volet humanitaire.

La France a appelé vendredi "tous les donateurs à se mobiliser" pour renforcer l'aide, en particulier européenne, en faveur des réfugiés. Jeudi soir, en marge d'une réunion ministérielle du Conseil de sécurité de l'ONU, Paris et Londres avaient annoncé un effort humanitaire supplémentaire de plusieurs millions d'euros.

Selon l'ONU, il y a aujourd'hui au moins 1,2 million de personnes déplacées en Syrie et près de 229.000 réfugiés officiellement enregistrés dans les pays voisins (Turquie, Jordanie, Liban et Irak), dont 15.000 arrivés en trois jours.

Ankara a suggéré la création de zones protégées en Syrie le long de la frontière, mais Paris, Londres et des responsables de l'ONU ont souligné les difficultés qu'il y aurait à assurer la protection de telles "zones tampons" en territoire syrien, d'autant plus que M. Assad s'y est déjà déclaré opposé.

Au Liban voisin, où la population est profondément divisée entre pro et anti-Assad, au moins 25 obus tirés par les troupes syriennes se sont abattus sur un village chrétien à la frontière nord, faisant un blessé et des dégâts matériels, selon des responsables locaux.

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