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Malgré les inégalités persistantes, Dos Santos favori des élections en Angola

31/08/2012 10:34 EDT | Actualisé 31/10/2012 05:12 EDT

Le président Jose Eduardo dos Santos, déjà au pouvoir depuis 33 ans, partait grand favori des élections de vendredi en Angola, malgré les attaques de l'opposition qui lui reprochent de ne pas répartir la manne pétrolière qui a enrichi le pays.

Vendredi, Luanda la frénétique était beaucoup plus calme qu'à l'accoutumée, le chef de l'Etat ayant déclaré férié le jour du scrutin.

Dans l'ensemble du pays, 9,7 millions d'électeurs étaient appelés aux urnes. Ils devaient formellement élire leurs députés, la nouvelle Constitution stipulant que président du parti vainqueur devient automatiquement le président de la République pour un mandat de cinq ans.

Malgré les risques de fraude dénoncés par l'opposition, les électeurs rencontrés par l'AFP semblaient optimistes et confiants dans la possibilité de faire entendre leur voix.

"Je viens voter pour voir les choses changer en Angola. En 2008, j'ai donné ma voix à un parti, mais rien n'a bougé. Alors cette année, je vais voter pour un autre candidat", confie David Mongo, 37 ans, venu voter en sortant de son service de nuit, dans la capitale Luanda.

Ce vote est historique pour l'Angola, où deux scrutins seulement ont été organisés depuis l'indépendance de cette ancienne colonie portugaise en 1975.

Les premières tendances sont attendues au cours du week-end, avant des résultats définitifs la semaine prochaine.

Jose Eduardo Dos Santos, président sortant et candidat du Mouvement populaire pour la libération de l'Angola (MPLA), qui a fêté ses 70 ans mardi, a demandé aux Angolais de lui faire confiance pendant encore cinq ans, promettant de poursuivre la reconstruction d'un pays dévasté par une longue guerre civile qui a duré de 1975 à 2002.

"J'appelle tous les Angolais à exercer leur droit de vote, comme je viens de le faire, afin de développer notre démocratie", a-t-il déclaré après avoir voté dans la matinée à Luanda, se disant satisfait du déroulement du scrutin.

A la tête du pays depuis bientôt 33 ans, dos Santos a fait de la présidence une institution toute puissante, dominant la vie politique et économique de l'Angola, devenu le deuxième producteur de pétrole d'Afrique derrière le Nigeria.

Son principal adversaire, le président de l'Unita Isaias Samakuva, 66 ans, avait voté peu auparavant. "Je suis content d'exercer mon devoir de citoyen malgré notre insatisfaction sur la transparence du processus", a-t-il lancé en glissant son bulletin dans l'urne.

Samakuva a promis d'instaurer une véritable démocratie dans le pays. Redoutant une manipulation du vote par le pouvoir, l'Unita fait pression depuis janvier sur la Commission nationale électorale pour faire corriger certaines irrégularités. Elle a obtenu gain de cause sur plusieurs points, comme l'abandon du vote à l'étranger et anticipé, mais certains griefs subsistent.

"Beaucoup d'Angolais ne trouvent pas leur nom sur les listes d'électeurs et, dans certains endroits, ces listes n'ont toujours pas été publiées", avait souligné mercredi soir M. Samakuva lors de son meeting de fin de campagne, pointant également des failles dans le système de transmission des résultats.

De fait, les principales difficultés rapportées vendredi étaient liées aux listes électorales. "Il y a beaucoup de gens à qui l'on refuse le vote parce que leur nom ne figure pas sur les listes", a témoigné Elias Isaac, membre d'une ONG sud-africaine qui observe les élections.

Un nouvel acteur a fait son apparition dans le jeu politique angolais en mars dernier, bousculant le traditionnel duel entre MPLA et Unita. Abel Chivukuvuku, un ancien cadre de l'Unita, a créé un nouveau parti d'opposition rassemblant des déçus des deux partis historiques ainsi que des figures de la société civile. Populaire auprès des jeunes, le nouveau parti n'a cependant qu'une faible implantation.

La pauvreté et les inégalités croissantes entre riches et pauvres ont nourri la campagne de l'opposition. Bien que le pays se soit enrichi grâce au pétrole, l'Unita affirme que la richesse pétrolière bénéficie exclusivement à une élite, alors que 55% de la population vit dans la misère.

bur-cpb/jb

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