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L'Espagne approuve la création d'une «bad bank» pour gérer les actifs douteux

31/08/2012 03:37 EDT | Actualisé 31/10/2012 05:12 EDT

MADRID - Le gouvernement espagnol a approuvé vendredi un nouvel éventail de mesures destinées à la création d'une «bad bank», une structure de défaisance chargée de la gestion des actifs immobiliers douteux du pays, et qui donne davantage de pouvoir à la Banque centrale pour fermer les établissements de crédit en difficulté.

C'est la cinquième réforme adoptée par l'Espagne depuis le début de ses difficultés financières en 2008. La création de la «bad bank» était la condition à l'octroi d'un prêt au secteur bancaire du pays.

Le ministre de l'Économie, Luis de Guindos, a déclaré que la «bad bank» serait opérationnelle pour la fin novembre et serait contrôlée par la Banque centrale tout en impliquant le secteur privé.

Il a expliqué que l'objectif principal était de libérer les banques de leurs mauvais investissements pour qu'elles se concentrent sur la gestion des économies et investissements des particuliers et réinjectent du crédit dans l'économie encore fragile. La banque de défaisance devrait pouvoir remettre sur le marché une partie des actifs immobiliers, notamment les terrains inutilisés ou les logements invendus.

L'Espagne s'efforce de convaincre les investisseurs qu'elle peut assainir ses finances et éviter de suivre l'exemple donné depuis 2010 par la Grèce, l'Irlande, le Portugal et Chypre, contraints à demander un plan de sauvetage.

Les actifs toxiques des banques espagnoles, dus à l'éclatement de la bulle immobilière en 2008, sont estimés à 184 milliards d'euros. La situation a poussé l'Espagne en juin à accepter un prêt de 100 milliards d'euros des 16 autres pays du bloc monétaire pour sauver le secteur. La création de la structure de défaisance était l'une des conditions de l'aide. L'Irlande avait pris une mesure similaire en 2009.

M. De Guindos a précisé lors d'une conférence de presse après le conseil des ministres que la «bad bank» disposerait de 10 à 15 ans pour revendre les créances à risque, dont la Banque d'Espagne déterminerait la valeur.

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