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Les rebelles syriens attaquent une base aérienne après une réunion à l'ONU

31/08/2012 07:54 EDT | Actualisé 31/10/2012 05:12 EDT

Les rebelles livraient bataille vendredi pour le contrôle stratégique d'une base aérienne de l'armée dans le nord de la Syrie, peu après une réunion du Conseil de sécurité axée sur le sort de la population civile fuyant par milliers les combats et bombardements meurtriers.

A Damas, les autorités ont bouclé jusqu'à samedi soir tous les accès à la capitale où a commencé en début d'après-midi une manifestation contre le régime de Bachar al-Assad avec pour slogan "Nous ne cèderons pas", selon des vidéos postées par des militants.

Des barrages routiers ont également été établis par les autorités dans plusieurs quartiers de la ville, selon un journaliste de l'AFP.

Les combats en Syrie, notamment dans les régions d'Alep et de Damas, les deux grands fronts de ce conflit, ne connaissent aucun répit, faisant chaque jour des dizaines de morts et poussant à la fuite des milliers de Syriens, dont nombre d'entre eux sont bloqués à la frontière avec la Turquie, débordée par leur afflux.

L'idée d'Ankara de créer des zones protégées en Syrie a été accueillie avec de fortes réticences par Paris, Londres et des responsables de l'ONU en raison notamment des difficultés qu'il y aurait à assurer la sécurité et la protection d'une telle "zone tampon" en territoire syrien.

Difficultés d'autant plus grandes que les grandes puissances restent divisées sur le dossier syrien, la Russie et la Chine ayant déjà mis à trois reprises leur veto à des résolutions condamnant le régime syrien.

La France a de son côté proposé une aide matérielle et financière aux "zones libérées" pour préparer l'après-Assad et inciter les Syriens voulant fuir à rester dans ces zones qui risquent toutefois d'être la cible de l'aviation syrienne.

Depuis le début de la révolte en mars 2011, plus de 26.000 Syriens, en majorité des civils, ont été tués selon une ONG syrienne, 2 millions de personnes ont dû fuir leur maison et les violences pour s'installer ailleurs dans le pays et des centaines de milliers d'autres se sont réfugiées principalement en Turquie et en Jordanie, mais aussi au Liban et même en Irak, selon des estimations de l'ONU.

Sur le terrain, les insurgés ont tenté de s'emparer d'un bâtiment de la défense aérienne à Boumakal (est) et livraient bataille, pour la deuxième journée consécutive, pour s'emparer de la base aérienne d'Abou el-Zouhour, l'une des deux plus importantes de la région d'Idleb (nord-ouest), qu'ils contrôlent "en partie", selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

"Taftanaz et Abou el-Zouhour sont les deux principaux aéroports à Idleb à travers lesquels le régime envoie ses avions pour bombarder les maisons des civils", avait affirmé à l'AFP le colonel Afif Mahmoud Sleimane, chef du conseil militaire rebelle pour la province d'Idleb.

Les rebelles avaient affirmé la veille avoir abattu un avion de combat, fait rarissime dans ce conflit, peu après son décollage de la base aérienne d'Abou el-Zouhour.

Les insurgés ont multiplié ces derniers jours les attaques contre des bases aériennes et des appareils de l'armée, affirmant avoir notamment détruit mercredi cinq hélicoptères, afin de contrer la maîtrise du ciel de l'armée syrienne dont les bombardements font chaque jour des dizaines de victimes.

Les rebelles avaient réclamé en vain que le Conseil de sécurité de l'ONU débatte de la création de zones d'exclusion aérienne au-dessus de la Syrie, mais Moscou a d'ores et déjà déclaré son opposition à de telles zones.

A Alep, capitale commerciale du pays ravagée depuis plus d'un mois par une bataille cruciale, les rebelles ont attaqué un bâtiment des services de sécurité, provoquant une fusillade, selon l'OSDH.

A Téhéran, principal allié régional de Damas, le Guide suprême iranien Ali Khamenei a accusé les Etats-Unis et Israël d'être "les principaux responsables cachés" de la crise syrienne en recevant le Premier ministre syrien Waël al-Halaqi en marge du sommet des Non-Alignés.

Ce sommet a pris une tournure inattendue jeudi pour Téhéran quand le président égyptien Mohamed Morsi y a dénoncé le régime syrien "oppressif" et "illégitime", provoquant le départ de la délégation syrienne.

Par ailleurs, un journaliste américain indépendant, Austin Tice, 31 ans, est détenu par l'armée syrienne, selon le Washington Post, tout comme un journaliste palestinien de la chaîne de télévision en arabe al-Hurra, Bachar Fahmi al-Kadumi, porté disparu après l'attaque ayant coûté la vie à une journaliste japonaise le 20 août à Alep, selon son frère.

Au moins 10 personnes, dont six civils et quatre rebelles, ont péri dans les violences de vendredi selon un bilan provisoire de l'OSDH. La répression et les combats avaient fait 119 morts jeudi à travers le pays, dont 79 civils.

Selon le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR), le nombre de réfugiés est en "progression constante", avec 15.000 d'entre eux en trois jours, et atteignait plus de 229.000 à la date du 29 août.

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