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Le tribunal électoral du Mexique confirme la victoire du PRI à la présidentielle

31/08/2012 03:58 EDT | Actualisé 31/10/2012 05:12 EDT

MEXICO - La plus haute autorité électorale du Mexique a confirmé vendredi la victoire d'Enrique Peña Nieto à l'élection présidentielle du 1er juillet, ouvrant formellement la voie au changement de gouvernement, malgré les allégations de fraude maintenues par le candidat de gauche arrivé deuxième au scrutin.

Le Tribunal électoral fédéral a estimé que le candidat de gauche à la présidentielle, Andrés Manuel López Obrador, n'avait pas réussi à prouver que l'achat de votes avait influencé le résultat du scrutin.

La confirmation de la victoire d'Enrique Peña Nieto permettra au Parti révolutionnaire institutionnel (PRI), qui a dirigé le Mexique pendant 70 ans, de revenir au pouvoir après 12 ans d'absence.

Selon les résultats officiels, M. Peña Nieto a été élu avec 38 pour cent des voix, contre 31 pour cent pour M. López Obrador, avec une différence de plus de trois millions de votes.

Lors d'une conférence de presse vendredi matin, M. López Obrador a déclaré qu'il refusait de reconnaître les résultats de l'élection. Il a appelé à une manifestation de «désobéissance civile» le 9 septembre sur la place historique du centre-ville de Mexico, le Zócalo.

Après avoir perdu la présidentielle en 2006, M. López Obrador et ses partisans avaient organisé de grandes manifestations qui avaient paralysé la capitale, mais la répétition d'un tel scénario paraît moins probable cette fois-ci.

M. López Obrador a estimé que le tribunal électoral avait pris une décision illégitime en rejetant ses allégations d'achat de votes et d'autres violations des règles de campagne au profit d'Enrique Peña Nieto.

Les sept magistrats du tribunal électoral, nommés par la Cour suprême du Mexique et confirmés par le Congrès, sont généralement considérés comme crédibles et non partisans, mais M. López Obrador affirme que certains juges sont favorables au PRI.

«Je dis au peuple du Mexique que je ne peux accepter le jugement du tribunal électoral qui a confirmé la validité de l'élection présidentielle, a dit Andrés Manuel López Obrador devant les journalistes. L'élection n'était pas propre, libre et authentique. En conséquence, je ne reconnaîtrai pas le pouvoir illégitime qui émerge à la suite de l'achat de votes et d'autres graves violations de la Constitution et de la loi.»

M. López Obrador, un populaire ancien maire de Mexico, a rallié des foules de centaines de milliers de personnes pendant sa campagne électorale, et il conserve une importante base d'appuis dans la capitale. Mais la marge de plus de trois millions de votes obtenue par Enrique Peña Nieto est beaucoup plus importante que les quelques milliers de voix qui avaient coûté la victoire à M. López Obrador en 2006. La colère populaire face à la victoire annoncée du candidat du PRI semble s'être largement apaisée depuis le scrutin du 1er juillet.

Andrés Manuel López Obrador veut que la manifestation du 9 septembre respecte la loi, et il n'a rien dit qui pourrait indiquer son intention de répéter le blocage de la capitale comme en 2006.

Vendredi après-midi, quelques petites manifestations dispersées de partisans d'Andrés Manuel López Obrador ont été signalées à Mexico. Des policiers ont été déployés devant le siège du Tribunal électoral fédéral. Un groupe d'étudiants a bloqué une autoroute à péage pendant quelques minutes, mais rien ne laissait croire à une mobilisation généralisée.

La confirmation de la victoire d'Enrique Peña Nieto permettra au PRI, qui a dirigé le Mexique de 1929 à 2000, de revenir à la plus haute fonction de l'État. Pendant son long règne, le PRI avait monopolisé presque toutes les institutions du pays. Le parti affirme aujourd'hui s'être réformé et avoir cédé la place à une nouvelle génération de jeunes technocrates attachés à la démocratie, qui proposent une vision modernisée du Mexique.

Enrique Peña Nieto devrait accepter formellement son élection au cours des prochaines heures, ouvrant la voie à la transition du pouvoir. Pendant sa campagne, il a promis de se concentrer sur la réforme fiscale, l'amélioration des infrastructures et la prévention de la violence.

«C'est maintenant l'heure d'amorcer une nouvelle étape pour le bien du Mexique», a écrit le président élu sur Twitter.

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