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Grâce d'un Azerbaïdjanais qui avait décapité un Arménien: Obama "préoccupé"

31/08/2012 05:45 EDT | Actualisé 31/10/2012 05:12 EDT

Le président des Etats-Unis Barack Obama est "très préoccupé" par la décision de l'Azerbaïdjan de gracier un soldat condamné à la prison à vie pour avoir tué un Arménien en Hongrie, et récemment extradé par Budapest dans son pays, a affirmé vendredi la Maison Blanche.

"Le président Obama est très préoccupé par l'annonce d'aujourd'hui selon laquelle le président de l'Azerbaïdjan a gracié Ramil Safarov", a déclaré le porte-parole du Conseil de sécurité nationale (NSC), Tommy Vietor, selon qui les Etats-Unis ont communiqué leur "déception" à Bakou.

"Cet acte est contraire aux efforts actuels de réduire les tensions régionales et de promouvoir la réconciliation" entre l'Azerbaïdjan et l'Arménie, a estimé M. Vietor dans un communiqué. Il a aussi assuré que les Etats-Unis allaient "demander une explication de la Hongrie" sur la décision d'extrader le soldat vers l'Azerbaïdjan.

Le département d'Etat s'est également déclaré "extrêmement troublé" par cette grâce, disant "condamner toute action qui attise les tensions régionales".

L'Arménie a annoncé simultanément vendredi qu'elle suspendait ses relations diplomatiques avec la Hongrie.

Condamné à la perpétuité pour le meurtre d'un officier arménien à Budapest en 2004, Ramil Safarov, 35 ans, a été extradé vendredi vers son pays par les autorités hongroises et gracié aussitôt par le président azerbaïdjanais, Ilham Aliev.

En 2004, Safarov avait décapité l'officier arménien Gourgen Margarian dans son sommeil, lors d'une formation d'anglais organisée dans une école militaire à Budapest par l'Alliance atlantique pour des soldats originaires des pays de l'ex-URSS.

L'Arménie et l'Azerbaïdjan se disputent depuis des années le contrôle du Nagorny Karabakh. Rattachée à l'Azerbaïdjan pendant la période soviétique, cette région a proclamé son indépendance, non reconnue par la communauté internationale, après une guerre qui a fait 30.000 morts et des centaines de milliers de réfugiés entre 1988 et 1994.

Un cessez-le-feu a été signé en 1994, mais Bakou et Erevan n'arrivent pas à se mettre d'accord sur le statut de la région.

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