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Fifa/Arbitrage: Blatter pour une technologie limitée, contre la triple peine

31/08/2012 05:54 EDT | Actualisé 31/10/2012 05:12 EDT

Joseph Blatter, président de la Fifa, s'est prononcé pour une introduction de la technologie limitée, sur la ligne de but, mais a dénoncé la triple peine dans l'arbitrage, dans un entretien exclusif à l'AFP.

"Nous commençons (avec la technologie sur la ligne de but) à la Coupe du monde des clubs (cet hiver), à la Coupe des Confédérations (été prochain), puis à la Coupe du monde en 2014, mais je ne pense pas que c'est une révolution. C'est une aide à l'arbitre", souligne le dirigeant suisse.

"J'ai changé mon attitude quand j'ai vu ce qui s'est passé en 2010 au Mondial (8e de finale avec un but valable refusé à l'Angleterre contre l'Allemagne), a-t-il confié. Comme président de la Fifa j'ai vu et j'ai dit: maintenant pour la prochaine Coupe du monde, il ne peut pas nous arriver la même chose, sinon je peux aller me cacher, partir".

Il considère "qu'on a deux systèmes qui sont à 95 ou 98% fiables. Et donc il faut l'introduire, mais seulement pour ceux qui le veulent".

Mais M. Blatter ne veut pas d'un arbitrage vidéo global sur toutes les actions litigieuses: "non, ça s'arrête là, ça s'arrête à la ligne de but".

"Le foot doit garder son visage humain, sinon tous les fans, vous en faites quoi ?", poursuit-il avant de livrer une anecdote: "tous ceux dans les tribunes sont arbitres, joueurs et entraîneurs, ils savent tout, y compris les politiciens. Le premier ministre d'un très grand pays --une femme (Angela Merkel, ndlr) l'an passé à la Coupe du monde féminine en Allemagne -- elle était assise à côté de moi et elle crie tout d'un coup +il y avait une faute !+, elle me regarde, j'ai dit +bien sûr, il y avait faute+ (rires)".

Blatter insiste en revanche sur une chose à abolir: la triple peine. "Carton rouge, expulsion, penalty et suspension, c'est même la quadruple peine !", dénonce-t-il. C'est au Board, instance garante des lois du jeu, qui a ouvert le dossier, d'en décider ou pas.

Les fautes "sont les mêmes sur toute la surface du jeu: s'il y a une faute dans les 16 mètres, si ça vaut jaune, l'arbitre doit donner jaune, pas rouge", enchaîne-t-il.

"Rouge c'est pour la violence ou quand on enlève une opportunité de donner but; quand le gardien plonge loin du but et touche le joueur, c'est jaune, pas rouge, il n'y a pas cette triple ou quadruple peine", martèle-t-il.

Blatter est favorable en revanche à plus de pédagogie arbitrale: "Aujourd'hui pour donner un carton jaune les arbitres courent après le joueur et +bam+ (il fait le geste de brandir un carton). Arrêtez de faire ça ! Il faut dire aux joueurs +je dois faire ça, ce sont les lois du jeu+".

Il prône également une plus grande professionnalisation des arbitres: "un arbitre professionnel n'est pas meilleur, mais il y a un côté psychologique, si un arbitre est professionnel, il l'est comme le joueur, l'entraîneur, ce n'est pas +un envoyé du bon dieu+, qui, peut, un jour, ne plus être arbitre".

pgr-ylf/jgu

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