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Baird allonge la liste des Syriens qui ne peuvent faire affaire avec le Canada

31/08/2012 03:59 EDT | Actualisé 31/10/2012 05:12 EDT

TORONTO - Le ministre canadien des Affaires étrangères augmente la pression sur la Syrie en ajoutant 47 individus et entités à la liste de ceux à qui il est interdit de faire des affaires avec le Canada.

M. Baird affirme que ces ajouts contribueront à isoler encore davantage et à augmenter la pression sur le régime du président syrien Bachar al-Assad.

Le ministre a également de nouveau demandé au Conseil de sécurité des Nations unies d'imposer des sanctions contraignantes à la Syrie.

Il a indiqué que le Canada compte faire pression sur la Russie à ce sujet avant la rencontre de l'organisme Coopération économique de la zone Asie-Pacifique à Vladivostok, la semaine prochaine.

M. Baird a rappelé que M. Assad ne donne aucun signe de renoncer à son combat contre les insurgés.

Il a ajouté que la situation syrienne a des répercussions à travers la région.

«L'assaut sanglant du régime Assad contre le peuple de Syrie continue sans relâche, a lancé M. Baird lors d'une conférence de presse à Toronto vendredi. À ce jour, plus de 20 000 personnes ont été tuées et plus de 180 000 autres ont fui le pays. Toute la région est de plus en plus instable.»

Il a dit que le Canada s'oppose à l'appui qu'offre Moscou au régime Assad.

«Ce n'est pas seulement le veto au Conseil de sécurité, mais l'appui moral et les autres appuis qui ont permis à ce régime de survivre», a déclaré le ministre.

M. Baird a exclu une intervention militaire pour le moment, expliquant que l'opposition syrienne est «très fragmentée».

«Le Canada n'envisage pas d'intervention militaire ou d'armer l'opposition syrienne, a-t-il dit. Ce qui a si bien fonctionné en Libye n'est pas transférable à la situation syrienne.»

Le professeur Houchang Hassan-Yari, un spécialiste du Moyen-Orient à l'université Queen's, a expliqué que le régime Assad n'est pas intéressé à sauver des entreprises ou des individus, mais uniquement à survivre aussi longtemps que possible.

«Les sanctions ne touchent pas vraiment le gouvernement Assad, a-t-il dit. Je pense qu'il serait beaucoup plus efficace pour le gouvernement canadien d'aider l'opposition en Syrie et en Turquie à s'organiser, à unifier leurs efforts et à créer un gouvernement en exil. Ça donnerait au peuple syrien une véritable alternative.»

M. Baird a applaudi les efforts du président égyptien Mohammed Morsi pour inciter l'Iran à abandonner Assad pour se rallier à l'opposition.

«Nous sommes heureux qu'il s'adresse aux dirigeants de Téhéran, a dit M. Baird. L'appui au régime Assad est disgracieux et honteux.»

M. Morsi est le premier dirigeant égyptien à visiter l'Iran depuis la révolution de 1979.

Jeudi, à l'occasion d'une rencontre des pays non-alignés, il a prévenu que l'Iran risque une confrontation avec les autres puissances de la région concernant la situation en Syrie.

Ses commentaires ont chassé la délégation syrienne de la pièce.

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