NOUVELLES

Torture: l'ex-avocat d'Arar dénonce les directives fédérales

30/08/2012 09:02 EDT | Actualisé 30/10/2012 05:12 EDT

OTTAWA - Les directives concernant les échanges d'informations fournies aux agences fédérales de la sécurité démontrent que le gouvernement n'a pas tiré de leçons en vue de protéger les citoyens contre la brutalité, affirme l'avocat de Maher Arar, victime de la torture après avoir été déporté en Syrie.

Les instructions ministérielles données au Service canadien du renseignement de sécurité, à la Gendarmerie royale du Canada et à l'Agence des services frontaliers du Canada permettraient encore l'échange d'informations du même type que celles qui ont mené à la torture de l'ingénieur canadien d'origine syrienne, il y a dix ans a déclaré son avocat torontois Lorne Waldman en entrevue avec la Presse Canadienne.

Me Waldman a qualifié d'extrêmement décevant cet état de fait après toutes ces années et tous les efforts accomplis. Aucun véritable progrès n'a été réalisé.

Lors d'une correspondance entre deux vols, Maher Arar a été intercepté et détenu à l'aéroport de New York en septembre 2002 avant d`être déporté puis emprisonné dans une sinistre prison de Damas. Brisé par les tortures qui lui étaient infligées, l'homme a finalement confessé aux officiers du renseignement militaire syrien qu'il était lié à al-Qaïda. Ce qui s'est révélé faux.

Le juge Dennis O'Connor qui a présidé une enquête fédérale à ce sujet avait conclu que les informations erronées relayées par la GRC aux autorités américaines avaient condamné Maher Arar à un interminable cauchemar.

En septembre 2006, le juge O'Connor avait recommandé qu'aucune information pouvant mener à la torture d'un citoyen canadien ne soit communiqué à un pays étranger.

Pourtant, selon des directives du gouvernement fédéral transmises en 2011 au Service canadien du renseignement de sécurité, à la Gendarmerie royale du Canada et à l'Agence des services frontaliers du Canada et obtenues en vertu de la Loi sur l'accès à l'information, la protection de la vie et de la propriété demeurent des considérations primaires au moment de décider si l'information soutirée sous l'effet de la torture est valide.

«Rien n'a changé depuis le cas Arar, a soutenu Me Waldman, qui a témoigné pour la victime durant l'enquête O'Connor. Il n'y a pas plus de sensibilité aujourd'hui qu'il y en avait en 2004 et 2005 en rapport avec l'utilisation de la torture.»

PLUS:pc