Le Conseil de sécurité réclame une zone d'exclusion aérienne en Syrie

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SYRIE - L'opposition syrienne a de nouveau réclamé, jeudi 30 août au Conseil de sécurité de l'ONU, la création d'une zone d'exclusion aérienne et de corridors humanitaires afin de soutenir la population civile, selon un communiqué diffusé peu avant une réunion ministérielle à New York.

Le Conseil national syrien (CNS), principale coalition de l'opposition, a appelé dans un communiqué l'ONU à "imposer une zone d'exclusion aérienne" et des "zones tampons" et à créer des corridors humanitaires en vue de faire parvenir de l'aide à "près de 2,5 millions de déplacés et de réfugiés à l'intérieur et à l'extérieur de la Syrie".

"Le CNS considère que si le Conseil de sécurité ne prend pas des mesures sérieuses pour arrêter les massacres et les crimes du régime, cela serait comme s'il abandonnait son rôle de garant de la paix mondiale et de protecteur des peuples contre les génocides", a ajouté le communiqué.

Nouvelle aide humanitaire

Jeudi, le ministre britannique des Affaires étrangères William Hague a affirmé que la proposition visant à mettre en place des zones tampons en Syrie pour protéger les réfugiés faisait face à des "difficultés considérables". Il s'exprimait avant une réunion ministérielle du Conseil de sécurité de l'ONU centrée sur la situation humanitaire en Syrie.

Aussi, le ministre britannique et son homologue français, Laurent Fabius, ont annoncé jeudi une aide humanitaire supplémentaire de plusieurs millions de dollars en faveur de la population syrienne. William Hague a indiqué que 3 millions de livres (4,75 millions de dollars) viendront s'ajouter aux 27,5 millions déjà débloquées par Londres. Laurent Fabius a lui annoncé "5 millions d'euros supplémentaires" (6,2 millions de dollars), venant se joindre aux 20 millions déjà prévus par Paris.

La création à des fins humanitaires d'une zone d'exclusion aérienne partielle le long d'une frontière avec la Syrie, évoquée par la France, est militairement faisable, selon des experts qui insistent toutefois sur la nécessité d'un mandat de l'ONU.

Mais Moscou s'est opposé jusqu'à présent à toute mesure coercitive de l'ONU à l'égard de son allié syrien, et le président Bachar al-Assad a déjà refusé la mise en place de ces zones. Plusieurs pays voisins ont pourtant prévenu ces dernières semaines qu'ils ne pourraient pas continuer à faire face au flux toujours croissant des réfugiés et qu'il serait alors nécessaire de créer des camps du côté syrien.

Dans le même temps, le président égyptien Mohamed Morsi a dénoncé en Iran, allié indéfectible de Damas, le régime "oppressif" et illégitime du président syrien Bachar al-Assad.

Les combats continuent à Damas et à Alep

Sur le terrain, les combats ne connaissent aucun répit, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), qui a fait état pour jeudi d'un bilan provisoire d'au moins 77 morts -46 civils, 21 soldats, 10 rebelles- à travers le pays. Les rebelles syriens ont affirmé jeudi 30 août avoir abattu un avion de l'armée dans le nord-ouest du pays et défendaient leurs positions à Damas, où les combats font rage depuis plus d'un mois.

A Damas, le directeur de l'hôpital militaire Techrine a déclaré à l'AFP que 47 membres des forces gouvernementales avaient péri mercredi, portant à 8.000 le nombre de morts dans leurs rangs depuis le début de la révolte en mars 2011. Dans son dernier bilan de 17 mois de violences, l'OSDH avait fait état de près de 6.500 membres des forces de l'ordre tués, sur un total de plus de 25.000 morts à travers le pays.

Le colonel Afif Mahmoud Sleimane, chef du conseil militaire rebelle pour la province d'Idleb (nord-ouest) a affirmé jeudi que des "centaines de rebelles" avaient attaqué dans la matinée l'aéroport d'Abou el-Zouhour et abattu un MiG à l'arme automatique peu après son décollage. "A part l'avion abattu, nous avons brûlé 11 avions MiG dans cet aéroport que nous contrôlons désormais totalement", a-t-il ajouté.

L'armée a ensuite bombardé la zone d'Abou el-Zouhour, tuant au moins 20 civils, dont huit enfants et neuf femmes, selon l'OSDH. Des vidéos diffusée jeudi par des militants sur YouTube sous le titre "le massacre d'Abou el-Zouhour" montrent des civils, dont certains armés, cherchant des corps sous des décombres et découvrant des cadavres en s'écriant: "O Dieu, ne vois-Tu pas ce qui se passe?". Il était impossible de vérifier ces informations de source indépendante compte tenu des restrictions imposées dans le pays.

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