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Pauline Marois dit que François Legault signerait la Constitution de 1982

30/08/2012 11:56 EDT | Actualisé 30/10/2012 05:12 EDT

QUÉBEC - À la recherche d'un gouvernement majoritaire, dans ce dernier droit de la campagne électorale, Pauline Marois brandit l'argument constitutionnel pour convaincre les indécis de tourner le dos à François Legault, qui semble en mesure de lui faire une chaude lutte dans plusieurs circonscriptions.

Selon la chef péquiste, son ancien collègue «souverainiste pur et dur» est devenu plus fédéraliste que Jean Charest et serait même prêt à faire adhérer le Québec à la Constitution canadienne de 1982, ce qu'aucun premier ministre du Québec n'a voulu faire depuis.

Pour se permettre de dépeindre ainsi son rival, elle s'est appuyée sur une entrevue donnée par M. Legault au quotidien anglophone The Gazette, publiée jeudi.

Dans cet entretien, François Legault se décrit comme un «Canadien» et soutient qu'il aura une bonne relation avec le gouvernement de Stephen Harper. Plus encore, dans un extrait audio, il affirme qu'en s'affranchissant de sa dépendance envers la péréquation au cours de la prochaine décennie, le Québec sera à terme en meilleure position pour réintégrer le giron constitutionnel canadien.

Au cégep de Saint-Hyacinthe, où elle courtisait le vote des jeunes et des étudiants en compagnie de son candidat dans Laval-des-Rapides, l'ex-leader étudiant Léo Bureau-Blouin, Mme Marois a déclaré que la position du leader caquiste sur les relations Québec-Ottawa était pire que celle du chef libéral Jean Charest ou de son prédécesseur Robert Bourassa.

M. Legault s'est «mis à genoux, couché par terre, avant même d'avoir commencé à avoir des échanges avec Ottawa», a estimé Mme Marois, en ce 30e jour de campagne.

«Comble de tout, il signerait même la Constitution. C'est du jamais vu. Jamais M. Charest n'est allé aussi loin, jamais M. Bourassa n'est allé aussi loin», selon l'analyse faite par la chef souverainiste, en faisant valoir que le PQ était le seul parti prêt à abolir la loi spéciale et la hausse des droits de scolarité décrétée par le gouvernement libéral.

En soirée, entourée de plusieurs artistes connus, Mme Marois devait participer à un rassemblement péquiste dans une salle du centre-ville de Montréal.

M. Legault a rejeté les accusations «inacceptables» de Mme Marois du revers de la main, indiquant qu'il ne la laisserait pas définir son «amour du Québec». Il lui reproche de classer les citoyens en deux catégories: «les bons et les mauvais Québécois».

En entrevue avec Paul Arcand, sur les ondes de Cogeco, le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ) a précisé à quoi ressemblerait le grand ménage qu'il prévoit faire chez Hydro-Québec. Il a dit que les coupes de postes anticipées frapperaient surtout la division distribution de la société d'État.

La CAQ souhaite abolir 4000 postes à Hydro-Québec de manière à réduire ses dépenses de 600 millions $ par année. On mise notamment sur 6000 départs à la retraite, d'ici 2018.

Sur un autre sujet, M. Legault a affirmé que la loi devait être respectée pour assurer une rentrée sans perturbation à l'Université du Québec à Montréal, quitte à faire intervenir la police au besoin.

Quant à lui, le chef libéral Jean Charest s'est livré à un marathon d'entrevues dans les médias anglophones.

Comme il avait fait la veille, il a sommé le candidat caquiste Jacques Duchesneau de fournir des preuves de ses allégations, et que s'il refusait tout le monde aurait compris qu'il a menti à la population.

M. Duchesneau avait déclaré mercredi que des ministres du gouvernement Charest avaient séjourné sur le bateau de l'homme d'affaires Tony Accurso, qui doit répondre d'accusations devant la justice.

L'ex-chef de police doit «s'excuser et se rétracter», a tranché M. Charest, en point de presse à Montréal.

Selon lui, le fait que M. Legault envisage faire de l'ex-directeur de l'Unité anticollusion son bras droit dans un éventuel gouvernement démontre son manque de jugement.

Malgré les sondages peu favorables, M. Charest s'est dit «confiant» du résultat du 4 septembre, tout en s'engageant à respecter le verdict de la population, quel qu'il soit. Mardi soir, c'est à l'Hôtel Delta, au centre-ville de Sherbrooke, dans sa circonscription, qu'il prendra connaissance de ce verdict.

Par ailleurs, une coalition formée de plusieurs groupes écologistes a pris une position étonnante dans la campagne électorale, donnant les meilleures notes quant aux engagements environnementaux à Québec solidaire et au Parti québécois, qui se classent très loin devant le Parti vert.

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