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Obama au défi de remobiliser le vote des jeunes, crucial en 2008

30/08/2012 10:10 EDT | Actualisé 30/10/2012 05:12 EDT

Le président Barack Obama, élu à la tête des Etats-Unis il y a quatre ans grâce notamment à une mobilisation des plus jeunes, doit cette année relever le défi de relancer l'enthousiasme d'une catégorie de population durement touchée par la crise.

Pas moins de 66% des 18-30 ans avaient préféré le candidat démocrate au sénateur républicain John McCain en 2008. Et ils avaient fait mentir l'idée reçue selon laquelle les jeunes Américains votent moins que la moyenne.

Séduits par le message de "changement" et d'"espoir" du sénateur de l'Illinois (nord), ainsi que son astucieuse utilisation des réseaux sociaux sur internet, ils avaient participé en masse au processus électoral.

Mais cette année, alors que M. Obama se voit contester la présidence par le républicain Mitt Romney, les jeunes semblent l'avoir quelque peu délaissé, même s'il reste majoritaire dans ce groupe: 56% voteraient pour lui, contre 37% pour l'ancien gouverneur du Massachusetts (nord-est) selon un récent sondage CNN.

Consciente de l'enjeu, l'équipe de campagne de M. Obama lui a fait parcourir cette semaine, en pleine convention républicaine à Tampa (Floride, sud-est), trois villes universitaires d'Etats considérés comme cruciaux pour la consultation du 6 novembre: l'Iowa (centre), le Colorado (ouest) et la Virginie (est).

Si le scrutin est serré, le vote jeune pourrait y faire pencher la balance en sa faveur. "Ne huez pas, votez!", s'est à chaque fois écrié M. Obama, après avoir évoqué son concurrent devant des foules acquises à sa cause.

"Des cyniques n'arrêtent pas de vous dire que le changement n'est pas possible, que vous ne pouvez pas faire de différence, que vous ne serez pas capable de combler le fossé entre la réalité et vos aspirations", a lancé M. Obama face à quelque 7.500 personnes mercredi à Charlottesville en Virginie.

Mercredi soir, le colistier de M. Romney, Paul Ryan, a lancé un appel du pied aux jeunes à la tribune de Tampa: "les diplômés universitaires ne devraient pas devoir rester dans leurs chambres d'enfants, à contempler des posters d'Obama jaunis et se demander quand ils pourront commencer dans la vie".

Au-delà de la rhétorique, les arguments républicains sur une "génération perdue" des jeunes sous Obama pourrait rencontrer un écho: 89% des 18-29 ans affirment que la mauvaise situation économique a eu des conséquences sur leur vie quotidienne, selon une étude de Generation Opportunity, un groupe de réflexion indépendant.

De même source, 12,7% des 18-29 ans étaient au chômage en juillet, alors que le taux officiel moyen était de 8,3%. Plus des trois quarts ont l'intention de voter, et "ils ne sont pas loyaux vis-à-vis d'un parti" ou d'un autre, note le président de Generation Opportunity, Paul Conway.

Pour Peter Levine, directeur d'un autre groupe de réflexion sur la jeunesse, CIRCLE, MM. Romney et Ryan ont "une occasion en or" de tailler des croupières à M. Obama au sein de ces quelque 20 millions d'électeurs.

Les partisans de M. Obama semblent toujours accepter ses arguments selon lesquels la politique actuelle doit être poursuivie. "Je ne pense pas que ce soit la faute du président. Il ne contrôle pas tout, même s'il contrôle une partie" des leviers, affirme Keith Abel, 20 ans, un étudiant en génie industriel rencontré par l'AFP mardi lors d'un discours de M. Obama à l'université publique de l'Iowa.

"Je veux bien lui donner davantage de temps s'il le demande. Il a un plan (économique) et il a besoin de plus de temps", ajoute le jeune homme.

Lauren Gabel, une autre étudiante, dit être mal à l'aise vis-à-vis de l'argument de M. Romney selon lequel son expérience dans le monde des affaires ferait de lui un bon président pour l'emploi.

"Je pense que cela peut être dangereux de comparer le gouvernement à une entreprise", explique-t-elle. "C'est plus compliqué que de créer des emplois et de gagner de l'argent".

col-tq/sam

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