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Mitt Romney, l'homme qui doit encore se faire aimer

30/08/2012 08:44 EDT | Actualisé 30/10/2012 05:12 EDT

Il dit avoir un plan pour l'Amérique et les électeurs le préfèrent à Barack Obama lorsqu'il s'agit d'économie, mais le républicain Mitt Romney reste le mal aimé de la campagne présidentielle, en dépit de nombreux atouts.

A 65 ans, cet ancien homme d'affaires multimillionnaire, ancien gouverneur du Massachusetts (nord-est) de 2003 à 2007, qui a pendant des années accumulé les succès dans le secteur privé, voit enfin se concrétiser son rêve d'être le candidat des républicains à la Maison Blanche.

Après son échec de 2008, c'était son deuxième essai pour décrocher cette investiture, formalisée jeudi lors de la convention de son parti à Tampa, en Floride.

Longtemps considéré comme un modéré pragmatique, Mitt Romney a considérablement durci son discours durant la campagne des primaires. Son récent choix du conservateur Paul Ryan, 42 ans, comme colistier, a confirmé ce durcissement.

Diplômé d'Harvard, marié depuis 43 ans et père de cinq fils, sa nomination consacre cinq ans de ténacité.

Il a sillonné pendant des mois les Etats-Unis, en jeans et chemise aux manches impeccablement retournées. Il a serré des milliers de mains, sourire figé, apparence toujours pressée.

L'homme est discipliné, courtois, efficace. Mais il est aussi distant, et le courant peine à passer, dans une course présidentielle qui aurait du lui être facilement acquise, en raison des piètres résultats de l'économie américaine, le sujet qui domine la campagne.

Jeudi, il a essayé de lutter contre cette image, ouvrant une fenêtre sur sa vie privée, l'"amour inconditionnel" de ses parents, les amis faits "à travers (son) église" et ses débuts de petit entrepreneur, selon des extraits du discours qu'il devait prononcer.

Mardi, sa femme Ann Romney avait aussi essayé devant la convention d'humaniser celui qui la fait "toujours rire" après 43 ans de "vrai mariage".

Avant de se lancer en politique, Mitt Romney avait été un brillant homme d'affaires qui a amassé une fortune à la tête du fonds d'investissement Bain Capital. Le fonds, qu'il avait cofondé en 1984 et quitté à la fin des années 90, a investi ou racheté plusieurs centaines d'entreprises, lui assurant une fortune estimée à entre 200 et 250 millions de dollars.

Il est aussi crédité d'avoir évité le naufrage financier des jeux Olympiques de Salt Lake City en 2002, après en avoir pris la direction.

En tant que gouverneur républicain du Massachusetts, l'un des Etats les plus progressistes du pays, il était perçu comme un modéré pragmatique et bon gestionnaire. Il y a résorbé le déficit et mis en place un système d'assurance maladie petit frère de l'"Obamacare", tant décrié par les conservateurs.

Romney a fait de ses réussites passées son principal argument de campagne, doublé de critiques incessantes contre le président démocrate.

Ses détracteurs l'ont caricaturé comme un "vautour" démanteleur d'entreprises, éloigné des préoccupations des petites gens.

Il a été aussi épinglé pour avoir refusé de publier ses feuilles d'impôts.

Mais l'image est plus complexe. Car Mitt Romney est aussi mormon, longtemps très engagé dans son église dont il a souligné jeudi les valeurs d'entraide. Il ne boit pas, ne fume pas, ne consomme aucune caféine. De 1986 à 1994, il était "évêque" laïc de Boston, chargé du bien-être de ses ouailles.

Peu apprécié par l'aile dure du parti, il n'a eu de cesse ces derniers mois d'avoir un discours résolument à droite sur les questions de société (avortement, immigration, homosexuels...), au risque d'être perçu comme une girouette. Il a dénoncé à tout va l'"Obamacare" et tenu un discours musclé les rares fois où il a parlé de politique étrangère.

Il lui restait jeudi 68 jours pour se faire aimer des Américains et entrer à la Maison Blanche.

bd/lb/jca

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