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Mitt Romney face à son destin

30/08/2012 01:34 EDT | Actualisé 30/10/2012 05:12 EDT

Après cinq ans d'un long chemin semé d'embûches, le républicain Mitt Romney devait accepter jeudi soir à Tampa (Floride) la nomination de son parti dans la course à la Maison Blanche, déterminé à en déloger le démocrate Barack Obama en novembre prochain.

Cet ancien homme d'affaires multimillionnaire de 65 ans, ancien gouverneur du Massachusetts (2003-2007) qui pendant des années a accumulé les succès dans le secteur privé, devait tenir devant des millions de téléspectateurs le discours de sa vie vers 22H00 locales (02H00 GMT vendredi), point d'orgue de la convention républicaine à Tampa.

Jusque là, son emploi du temps s'est limité à un déjeuner avec des partisans dans la région de Tampa.

La route n'a pas été facile pour Mitt Romney. C'est la deuxième fois qu'il se présente à l'investiture républicaine, après un premier essai raté en 2008. En janvier dernier, la saison des primaires s'était ouverte au profit d'adversaires plus conservateurs, quand lui était perçu comme trop modéré par l'aile dure d'un parti qui s'est radicalisé ces dernières années.

Mais à force de ténacité et à coups de millions de dollars, il a finalement réussi à s'imposer et à rallier des républicains désireux avant tout de battre le président sortant.

Mitt Romney a survécu à ses propres gaffes, aux attaques sur son passé à la tête du fond d'investissement Bain, aux questions alimentées par son refus à rendre publiques ses feuilles d'impôt.

Ces questions pourraient cependant continuer à le hanter dans la campagne pour l'élection présidentielle, qui démarre vraiment après la convention du Parti démocrate la semaine prochaine, à Charlotte, en Caroline du Nord (est).

Tout au long de leur convention, les républicains ont étrillé le président Obama, dénonçant son absence de leadership et l'échec de sa politique économique.

Le colistier de Romney, Paul Ryan, acclamé mercredi soir par des milliers de délégués lors de son discours d'acceptation, a estimé qu'après "quatre ans passés à tourner dans tous les sens, l'Amérique doit changer de cap, et l'homme qui peut le faire est le gouverneur Mitt Romney".

Excellent orateur, grand brun athlétique aux yeux bleus, Paul Ryan, 42 ans, un élu conservateur du Wisconsin (nord), a apporté à sa campagne le dynamisme et le vent de jeunesse qui manquait.

Quant à son épouse Ann Romney, elle a mis tout son charme dans la balance à la convention, pour humaniser un homme qui peine encore selon les sondages à connecter avec les électeurs, et encore plus les électrices, car jugé trop distant et déconnecté de leurs réalités quotidiennes.

"Il a du mal à s'ouvrir aux autres. Je respecte cela," a déclaré jeudi l'ancien sénateur de Floride Jeb Bush sur la chaîne ABC. "Ce qui compte c'est de se montrer proche des préoccupations des gens", a-t-il ajouté.

Parmi les autres orateurs prévus jeudi, figurait une des étoiles montantes du Parti républicain, le sénateur de Floride Marco Rubio, ainsi que Jeb Bush, seul membre de la famille Bush présent à la convention.

Plusieurs médaillés des jeux Olympiques de Salt Lake City, que Mitt Romney avait sauvés de la faillite en 2002, ainsi qu'un invité mystère - la rumeur parlait de Clint Eastwood - étaient également annoncés.

Mais à 68 jours de l'élection présidentielle le plus dur reste à faire. Car en dépit d'une économie poussive qui dessert le locataire de la Maison Blanche et en dépit de la déception d'une partie de l'électorat d'Obama, Mitt Romney est toujours au coude à coude avec le président démocrate dans les sondages (46,8% des intentions de vote pour Obama contre 45,7% pour Romney, selon une moyenne établie par le site Real Clear Politics).

Mitt Romney "a peut-être la nature d'un coureur de fond, qui sait regarder le but dans la distance", mais la course à la présidence n'est pas un marathon. C'est "un décathlon, et il faut de nombreux talents pour de multiples défis", a déclaré à l'AFP Mike Franc, expert au centre de réflexion conservateur Heritage Foundation.

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