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Manifestation à Dakar contre les exécutions en Gambie

30/08/2012 08:55 EDT | Actualisé 30/10/2012 05:12 EDT

Quelques dizaines de personnes, des Gambiens et des Sénégalais, ont manifesté jeudi devant l'ambassade gambienne à Dakar contre les exécutions en Gambie, en appelant à épargner la vie d'autres prisonniers dans le couloir de la mort, ont constaté des journalistes de l'AFP.

"Yahya Jammeh (président gambien, NDLR), assassin, paranoïaque, un danger pour la sous-région", "Halte aux exécution sommaires", pouvait-on notamment lire sur des pancartes brandies par les manifestants devant le siège de l'ambassade, dans le centre-ville. Une douzaine de policiers était déployés sur les lieux.

"Yahya, assassin! Jammeh, criminel!", "Boucher!", scandaient également les protestataires, moins d'une centaine, qui répondaient à l'appel de plusieurs organisations de défense des droits de l'Homme basées à Dakar.

Le président gambien a déjà fait "exécuter certains" prisonniers (neuf, officiellement) qui étaient dans le couloir de la mort, "il menace d'en exécuter plus. (...) Nous sommes là pour lui demander de revenir en arrière" concernant les autres détenus, a déclaré à l'AFP Diène Ndiaye, de la section sénégalaise d'Amnesty International pour qui M. Jammeh "est devenu complètement fou".

"Il y a 38 personnes dans le couloir de la mort en Gambie. Si rien n'est fait, s'il n'y a pas une action forte de la communauté internationale, ces personnes vont être exécutées et jetées dans des fosses communes", a de son côté affirmé Alioune Tine, président de la Rencontre africaine pour la défense des droits de l'Homme (Raddho).

"Il faut absolument en finir avec ce régime de terreur, avec ce dictateur aux mains tachées de sang. C'est ça, le sens de notre manifestation d'aujourd'hui", a-t-il ajouté.

Récemment, Yahya Jammeh avait déclaré que tous les prisonniers dans le couloir de la mort dans son pays seraient exécutés avant mi-septembre. Et le 27 août, son gouvernement a annoncé que neuf de ces détenus avaient été fusillés la veille par un peloton d'exécution, en assurant que toutes les peines prononcées par la justice gambienne seront appliquées "à la lettre, y compris les peines de mort".

Parmi les neuf exécutés, figurent deux Sénégalais. Le Sénégal a dénoncé l'exécution de citoyens sénégalais à l'insu des autorités de Dakar et appelé à épargner un troisième Sénégalais menacé d'être exécuté.

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