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Le géant français Carrefour confirme un plan de départs volontaires

30/08/2012 11:05 EDT | Actualisé 30/10/2012 05:12 EDT

PARIS - Le groupe Carrefour a confirmé jeudi un plan de départs volontaires qui devrait concerner 500 à 600 postes. Son président et chef de la direction Georges Plassat a précisé que les magasins continueraient à proposer une vaste gamme de produits, de l'alimentaire jusqu'au textile, en passant par l'électroménager.

Le deuxième groupe mondial de distribution a annoncé jeudi 31 millions d'euros de pertes au premier semestre 2012, comparé à une perte de 249 millions à la même période en 2011. Par ailleurs, le bénéfice courant d'exploitation du groupe a atteint 769 millions d'euros, en baisse de 8,2 pour cent. La direction évoque dans un communiqué un résultat «soutenu par l'Amérique latine mais impacté par l'environnement économique en Europe du Sud».

Le chef de la direction de Carrefour a été appelé à la rescousse en mai dernier, succédant au Suédois Lars Olofsson pour tenter de redresser la situation du groupe. Lors de la présentation des résultats de l'entreprise jeudi, il a promis de simplifier l'organisation de l'entreprise. L'objectif est d'alléger les coûts de structure pour remettre des moyens dans les magasins.

Carrefour a déjà enclenché cette réorganisation en se dégageant de la Grèce, au profit du groupe Marinopoulos, tout en lançant la fermeture de deux magasins à Singapour.

Georges Plassat a confirmé la mise en place d'un plan de départs volontaires qui devrait concerner 500 à 600 postes aux sièges du groupe. Il a promis qu'il n'y aurait pas de licenciement.

«On est entrés dans une période de gestion de plan de départs volontaires sur nos activités centrales en France parce que le poids de ces structures est devenu incohérent avec le métier que nous faisons», a-t-il expliqué lors de la présentation des résultats du groupe jeudi.

Le patron de Carrefour a comparé le «capital humain» à un «arbre à entretenir»: «Il faut couper un peu les feuilles, enlever les branches mortes, pas couper le tronc comme certains ont eu envie de le faire, ouvrir le sol au niveau des racines, mettre un peu d'engrais, arroser tous les jours, et vous verrez que ça va repartir.»

Parallèlement, Georges Plassat a précisé dans un entretien au «Monde» daté de vendredi qu'il fallait «décentraliser» le management pour «rendre l'organisation plus simple, plus efficace et retrouver le lien avec nos clients». «Nous allons redonner du pouvoir à nos directeurs de magasin», pour qu'ils puissent, entre autres, «décider de la part des produits locaux dans leur assortiment», a-t-il fait valoir.

L'annonce du plan de départs volontaires «confirme nos craintes», a expliqué à Sipa Jean-Yves Chaussin, délégué de groupe pour le syndicat Force ouvrière au sein de l'entreprise. «Il reste encore beaucoup de questions en suspens», notamment sur les structures juridiques concernées. Il a rappelé que 10 000 emplois avaient déjà été supprimés depuis deux ans dans les magasins.

La direction n'a pas précisé ce qui se passerait si le nombre de volontaires n'atteignait pas le nombre de suppressions annoncées, a ajouté M. Chaussin. «On se prépare en effet au pire. On regarde ça avec du recul aussi. Notre volonté, c'est d'accompagner ces plans de départ et qu'on ne tombe pas dans un plan social rampant», a-t-il prévenu.

Georges Plassat a exclu que Carrefour réduise la part des produits non-alimentaires. «Abandonner le non-alimentaire dans l'hyper, c'est rompre (avec) sa fonction originelle», a-t-il déclaré. «Je suis contre la sortie du non-alimentaire, même partiellement», a-t-il insisté, expliquant que cela pousserait les clients à se rendre chez les spécialistes et les concurrents directs de Carrefour, puisqu'ils pourraient continuer à faire tous leurs achats d'un coup.

Le groupe Carrefour est le premier employeur privé de France, avec environ 110 000 salariés.

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