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Khamenei réaffirme que l'Iran ne cherche pas l'arme atomique, critique l'ONU

30/08/2012 04:03 EDT | Actualisé 29/10/2012 05:12 EDT

L'Iran "ne cherchera jamais à avoir l'arme atomique", a réaffirmé jeudi le guide suprême de la République islamique, l'ayatollah Ali Khamenei, en ouvrant le 16e sommet des pays non-alignés réuni pour deux jours à Téhéran.

Le numéro un iranien a toutefois également réaffirmé que la République islamique "ne renoncera jamais au droit du peuple iranien à utiliser l'énergie nucléaire à des fins pacifiques" en dépit des pressions et sanctions internationales.

Les Occidentaux et une partie de la communauté internationale soupçonnent l'Iran de chercher, malgré ses dénégations, à se doter de l'arme atomique sous couvert de son important programme nucléaire, qui a été condamné par six résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU dont quatre assorties de sanctions.

Ces sanctions ont été renforcées par un sévère embargo financier et pétrolier des Occidentaux qui a durement frappé l'économie iranienne.

L'ayatollah Khamenei a dénoncé à cet égard la "dictature manifeste" du Conseil de sécurité estimant que l'organisation a "une structure irrationnelle, injuste et totalement antidémocratique".

"La chambre de commande du monde est contrôlée par la dictature de quelques pays occidentaux", a-t-il ajouté dans son discours prononcé en présence notamment du secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, qui a manifesté quelques signes d'irritation selon les images transmises en direct par la télévision iranienne.

Le Guide suprême iranien a toutefois affirmé que les sanctions contre l'Iran "n'ont fait que renforcer la volonté et la détermination" du pays à poursuivre son programme nucléaire.

Il a également vivement dénoncé les pays occidentaux qui "ferment les yeux sur les crimes" d'Israël et "défendent le régime sioniste".

"La Palestine appartient aux Palestiniens, et la poursuite de son occupation est une grande injustice et un danger pour la paix dans le monde", a-t-il affirmé.

L'Iran ne reconnaît pas l'existence d'Israël et ses dirigeants appellent régulièrement à la destruction de l'Etat hébreu.

Vingt-neuf chefs d'Etat ou de gouvernement assistent à ce sommet réunissant les 120 pays membres du Mouvement des Non-Alignés, dont l'Iran va prendre pour trois ans la présidence tournante.

Téhéran espère relancer cette organisation datant de la guerre froide et largement assoupie, pour en faire un contrepoids aux grandes puissances et d'abord aux Etats-Unis.

Sous la houlette iranienne, le sommet devrait notamment condamner les sanctions unilatérales occidentales dont plusieurs de ses membres, Iran en tête, sont frappés pour leur politique nucléaire ou leurs violations des droits de l'Homme.

Il pourrait également manifester des positions proches de celles de Téhéran sur plusieurs thèmes traditionnels au Mouvement des Non-Alignés: "démocratisation" du Conseil de sécurité de l'ONU visant à réduire l'influence des grandes puissances, rejet de toute ingérence dans les affaires intérieures de ses membres --avec la crise syrienne en toile de fond--, soutien à la création d'un Etat palestinien, appel au désarmement nucléaire.

L'Iran présente d'ores et déjà la tenue de ce sommet comme un important succès diplomatique face aux Occidentaux qui tentent de l'isoler internationalement.

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