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Charest défend le fédéralisme et attaque l'attentisme de Legault

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Jean Charest (PC)
Jean Charest (PC)

À cinq jours du scrutin du 4 septembre, le chef du Parti libéral, Jean Charest, s'est porté à la défense du fédéralisme canadien, attaquant au passage le projet souverainiste qu'il juge « absurde » et la neutralité déclarée du chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, sur le plan constitutionnel.

Lors d'une conférence de presse tenue à Montréal, celui qui gouverne le Québec depuis 2003 a soutenu avoir fait la démonstration qu'il est possible de défendre les intérêts de la province à l'intérieur du Canada et a dit souhaiter qu'un premier ministre du Québec signe un jour la Constitution canadienne.

Cette signature, manquante au bas de la Constitution de 1982, ne viendra cependant qu'au moment où « les conditions s'y prêteront », a-t-il admis. « Il n'y a pas d'horizon à ça, parce que les conditions ne sont pas réunies. On y arrivera éventuellement, mais posons des gestes permettant de mettre la table et on va arriver à ces choses-là. »

Jean Charest assure qu'il a obtenu des « résultats concrets » en défendant les intérêts du Québec au sein du Canada, évoquant d'un seul trait « la création du Conseil de la fédération, l'entente sur l'UNESCO, le déséquilibre fiscal [...], l'entente sur Old Harry, l'augmentation des transferts fédéraux de l'ordre de 70 %, la reconnaissance du Québec comme nation et l'entente sur la santé avec la reconnaissance du fédéralisme asymétrique ».

« L'enjeu que nous avons à court terme avec nos partenaires de la fédération canadienne, ce sont les transferts, dans le domaine de la santé et de la péréquation. C'est là-dessus que nous devons plancher de manière à obtenir des résultats en travaillant avec nos alliés », a fait valoir Jean Charest, qui s'est lui-même affublé du titre de « Capitaine Québec ».

« S'il y a quelqu'un qui a fait la démonstration qu'on peut faire marcher le système fédéral, à l'intérieur du Canada, dans l'intérêt du Québec, c'est moi. Et sans être contre le Canada. [...] Les intérêts du Québec ne sont pas en contradiction avec les intérêts du Canada. C'est ça que je représente. Toute ma carrière a été fondée sur cette conviction que le Québec y trouve son compte », a-t-il encore dit.

« La différence entre Mme Marois et M. Legault et moi, c'est que moi, je vais travailler avec mes alliés pour régler des problèmes », a-t-il ajouté. « Je ne vais pas être en conflit avec eux, et je ne vais pas faire comme M. Legault, qui dit que ce n'est pas important les relations avec le fédéral, qui n'accorde pas de priorité à ça et qui est neutre sur l'avenir du Canada. »

« M. Legault, le lendemain d'une élection, qui il envoie négocier à Ottawa? François Rebello? Vous vous rappelez de François Rebello? Vous l'avez oublié, hein? Il est entré au garage depuis le 1er août dernier. Ils ne l'ont pas ressorti. Il est comme disparu. Envoie-t-il Gérard Deltell, qu'il décrivait comme trop fédéraliste? » a-t-il raillé.

Le chef libéral a aussi critiqué les gens qui défendent l'idée de faire du Québec un pays indépendant. « Est-ce que ce n'est pas assez absurde d'entendre encore des gens dire qu'il faut se séparer du Canada, alors que le Canada jouit aujourd'hui d'une réputation économique qui est forte à l'internationale, la plus forte que j'ai connue de ma vie? » a-t-il demandé.

Jean Charest s'est une fois de plus interrogé sur ce que M. Legault ferait en cas de référendum sur la souveraineté. « Si [Mme Marois] faisait un référendum, on sait que M. Legault s'en va chez eux. Lui, son fauteuil à l'Assemblée nationale se transforme en fauteuil de spectateur », a-t-il martelé.

« On ne peut pas prétendre être chef d'un parti, vouloir être premier ministre du Québec, et être neutre. Ça n'existe pas. Un citoyen peut s'interroger, ça, c'est la démocratie. Mais si tu veux être chef de parti, non. La vie n'est pas comme ça. Où tu crois à certaines choses, où tu n'y crois pas. »

M. Charest a réitéré que François Legault était à son avis un souverainiste. Plus tôt dans la journée, Mme Marois a plutôt affirmé qu'il était « plus fédéraliste » que Jean Charest.

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