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Hydro-Québec: la principale cible de Legault est la division Distribution

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LAURIER-STATION, Qc - Le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, a dû nuancer les propos d'un de ses candidats qui avait vertement condamné la loi spéciale adoptée au printemps dernier pour dénouer la crise étudiante.

À la suite des déclarations de Martin Caron, qui se présente dans Lotbinière-Frontenac, M. Legault a affirmé jeudi qu'il était d'accord avec la majorité des dispositions de la loi 12, issue du projet de loi 78, qui concerne le retour en classe.

«Martin a précisé ses propos, c'était une loi qu'on a appuyée parce que pour nous, les étudiants qui doivent étudier doivent avoir le droit d'étudier», a-t-il dit lors d'un point de presse.

Lors d'un débat avec des adversaires, mercredi dans un cégep à Thetford-Mines, M. Caron avait lancé que la loi 78, «c'est de la marde».

Jeudi, au moment du passage de son chef dans Lotbinière-Frontenac, M. Caron a affirmé que ses propos étaient reliés au contexte de l'adoption de la loi, au printemps dernier, alors que les manifestations se multipliaient au Québec, contre la hausse des droits de scolarité universitaires.

Selon M. Caron, sa déclaration visait plutôt à exprimer son mécontentement envers la gestion de la crise étudiante par les libéraux.

«C'était le contexte, avant la loi 78, que j'ai dit que cette situation-là, elle était envenimée par le Parti libéral et je me suis spontanément dit: écoute, la situation avant la loi 78, c'était de la merde, a-t-il dit. Ça n'a pas de bon sens de diviser nos étudiants comme ça, ç'a été un dossier qui a été étiré, et étiré, et étiré.»

M. Caron, qui avait fait les manchettes en début de campagne en raison de ses activités dans l'ésotérisme, a affirmé qu'il aurait voté pour la loi, mais il a refusé de commenter les aspects qui pourraient lui déplaire.

M. Legault a répété que la CAQ était opposée aux limites aux manifestations imposées par les libéraux dans la loi 12.

«M. Charest, pour cacher l'éléphant dans la pièce, qui était la corruption, a ajouté toute une section sur les manifestations qui n'a presque pas été utilisée, qui visait de façon assez claire à mettre de l'huile sur le feu», a-t-il dit.

En début de campagne, M. Caron avait expliqué qu'il avait donné des conférences sur la géomancie ainsi que sur la formation en balancement énergétique.

En début de journée à Montréal, lors d'une entrevue radio, M. Legault s'est montré favorable à l'application de la loi 12 et à l'intervention des policiers pour assurer une rentrée scolaire dans l'ordre à l'Université du Québec à Montréal.

«C'est inacceptable que des personnes arrivent masquées pour empêcher des jeunes d'étudier, a-t-il dit sur les ondes de 98,5 FM. Ce sont des gestes de voyous qui sont posés par ces personnes-là et je pense qu'on doit utiliser les policiers pour s'assurer que ces gens-là ne viennent pas interrompre les cours.»

Cette prise de position a provoqué un différend avec le recteur de l'UQÀM, Claude Corbo, qui a pris la peine d'appeler le chef caquiste sur sa caravane pour dire qu'il privilégiait la voie démocratique à l'intervention de la police.

M. Legault a lui-même révélé qu'il avait eu cet entretien avec M. Corbo lors d'une étape à Montmagny.

«On a un différend avec le recteur de l'UQAM», a-t-il dit.

La caravane caquiste a mis le cap sur l'est du Québec avec des haltes à Laurier-Station, Saint-Georges de Beauce et Montmagny, dans ces circonscriptions où l'Action démocratique du Québec (ADQ), maintenant fusionnée à la CAQ, avait fait élire des députés en 2007.

À cinq jours des élections, M. Legault a affirmé que la CAQ n'a mis en place aucun comité pour évaluer les gestes à poser dans l'éventualité où son parti formerait le gouvernement.

Le conseiller spécial Mario Bertrand, ancien chef de cabinet de Robert Bourassa, est cependant chargé du dossier, a indiqué M. Legault lors d'un arrêt à Saint-Georges.

«On est en train de faire la liste de tous les postes critiques et où on aura des décisions à prendre à court terme si on était élus au gouvernement le 4 septembre», a-t-il dit.

Par ailleurs, M. Legault a déclaré jeudi que son grand ménage à Hydro-Québec touchera principalement la division distribution de la société d'État.

M. Legault a relevé lors d'une entrevue radio le manque de compétitivité de cette division, qui est responsable de l'approvisionnement en électricité.

«C'est beaucoup dans Hydro-Québec Distribution, a-t-il dit. Quand on calcule le nombre de kilomètres qu'on a et le nombre d'employés qu'on a, on n'est pas compétitifs avec d'autres firmes qui font la même chose.»

La société d'État compte trois divisions: TransÉnergie, Production et Distribution.

La CAQ souhaite abolir 4000 postes à Hydro-Québec de manière à réduire ses dépenses de 600 millions $ par année.

M. Legault a défendu le fait qu'une partie des études sur lesquelles il s'appuie, pour les compressions à Hydro-Québec, demeurent secrètes.

«C'est pas des études secrètes, a-t-il dit. L'année dernière, on n'avait pas un sou dans le compte de banque, j'ai demandé à des amis qui sont dans des firmes qui font ce genre d'études de 'benchmarking' de me le faire de façon bénévole. J'ai pris l'engagement en échange de dire: le travail que vous m'avez donné, il demeurera confidentiel.»

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