NOUVELLES

Hollande attend des «décisions durables» pour la zone euro dès le 19 octobre

30/08/2012 10:32 EDT | Actualisé 30/10/2012 05:12 EDT

MADRID - Le président français François Hollande a plaidé jeudi pour que des «décisions durables» pour la zone euro soient prises dès le Conseil européen du 19 octobre. Il a estimé qu'une intervention de la Banque centrale européenne pouvait être justifiée par des écarts de taux d'intérêts trop importants entre les pays de la zone euro.

«Je considère que c'est à cette date, dans ce cadre, après qu'il y (aura) eu déjà des réunions de l'Eurogroupe, que nous aurons à prendre les décisions qui concernent la zone euro», a déclaré le président français lors d'une conférence de presse conjointe avec le chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, à Madrid.

M. Hollande a souligné la nécessité que ces décisions soient «durables». «Ça fait trop longtemps que nous reportons un certain nombre de choix et que nous laissons les doutes s'installer», a-t-il estimé.

Par ailleurs, le chef de l'État a estimé que les écarts de taux d'intérêts payés par les différents pays de la zone euro empruntant sur les marchés financiers peuvent justifier une intervention de la Banque centrale européenne (BCE). «Quand nous constatons des écarts de taux d'intérêts d'une telle ampleur, sans justification économique, ça peut être une justification pour une intervention au nom des objectifs de la politique monétaire», a-t-il déclaré.

Ainsi, pour l'Espagne, «des résultats sont déjà probants mais néanmoins des taux d'intérêts restent trop élevés sur les dettes souveraines», a constaté le président français. Les dispositifs mis en oeuvre par la zone euro doivent permettre «d'alléger les charges d'intérêt, le coût des emprunts des pays qui ont fait l'effort et qui sont des économies très importantes de la zone euro», a-t-il souligné.

En ce qui concerne la Grèce, François Hollande a réaffirmé que le Conseil européen du 19 octobre devait «permettre la poursuite de l'application du programme» destiné à sortir le pays de la crise.

Mariano Rajoy a affiché les mêmes positions que François Hollande. «L'Espagne a montré sa détermination et sa responsabilité européenne, avec une stratégie de consolidation fiscale importante et de réformes structurelles audacieuses, sans précédent au sein de l'Union», a-t-il mis en avant.

L'Espagne «défend fermement» le «processus de plus grande intégration fiscale et économique de l'Union européenne» enclenché lors du conseil européen de fin juin, a-t-il souligné, plaidant pour que des «décisions importantes» soient prises à ce sujet au mois de décembre. Madrid prône une union bancaire et budgétaire au niveau européen.

Face aux difficultés espagnoles, l'Eurogroupe a donné en juin dernier son feu vert au déblocage de 100 milliards d'euros pour soutenir le secteur bancaire, mais le mécanisme de versement de l'argent et la somme exacte, restent à déterminer.

«Tous, nous devons agir rapidement et avec détermination. L'Union européenne doit avancer», a martelé M. Rajoy.

Les taux d'intérêts auxquels l'Espagne emprunte avaient baissé ces dernières semaines, les marchés étant un peu apaisés par la possibilité d'une aide financière et du rachat d'obligations souveraines espagnoles par la BCE, mais ils restent insoutenables à long terme. Ils ont un peu remonté récemment après les demandes d'aide à Madrid de plusieurs gouvernements régionaux, dont Valence et la Catalogne. La Murcie devrait suivre, ainsi que quatre régions.

PLUS:pc