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Deux femmes semblent avoir été tuées au nom du groupe Pussy Riot

30/08/2012 07:27 EDT | Actualisé 30/10/2012 05:12 EDT

MOSCOU - Les cadavres de deux femmes de 76 et 38 ans ont été retrouvés en Russie accompagnées du message «Libérez les Pussy Riot», ont annoncé des responsables locaux, jeudi.

Un enquêteur a souligné que la référence aux trois jeunes femmes du groupe punk détenues pour une «prière» anti-Poutine pouvait aussi être destinée à lancer la police sur une fausse piste.

La Commission d'enquête russe a précisé dans un communiqué que les deux femmes avaient été tuées à la fin de la semaine dernière dans leur appartement de la ville de Kazan, dans le centre du pays. Les mots «Free Pussy Riot» étaient inscrits en anglais sur le mur, «probablement» avec du sang mais cela reste à confirmer.

Aucun détail n'a été divulgué sur les victimes et leur situation ou leurs liens éventuels avec les Pussy Riot. Selon le journal populaire russe Lifenews, qui cite un enquêteur non identifié, les deux femmes avaient été poignardées à de multiples reprises.

L'avocat des trois membres emprisonnées de Pussy Riot a réagi sur Twitter en écrivant que «ce qui s'est passé à Kazan est horrible» et en dénonçant «une provocation affreuse ou (l'acte d'un) psychopathe». «Je suis désolé que des monstres utilisent le nom du groupe Pussy Riot», a ajouté Me Nikolaï Polozov, cité par l'agence de presse Interfax.

Nadejda Tolokonnikova, 23 ans, Maria Alejina, 24 ans, et Ekaterina Samoutsevich, 29 ans, ont été condamnées le 17 août dernier à deux ans de camp pénitentiaire pour avoir chanté une «prière» appelant la Vierge à chasser le président Vladimir Poutine en février dans la principale cathédrale orthodoxe de Moscou.

Reconnues coupables de hooliganisme motivé par la haine de la religion, elles ont fait appel du verdict. Deux autres membres du groupe qui n'ont pas été arrêtées se seraient enfuies à l'étranger.

Un enquêteur à Kazan, Andreï Cheptitski, a estimé à la télévision que le meurtrier essayait de faire passer son crime pour un acte politique.

Plusieurs croix de bois érigées devant des églises orthodoxes russes et ukrainiennes ont été renversées par des personnes appelant à la libération des Pussy Riot. Le gérant du groupe et l'époux d'une des jeunes féministes détenues ont dénoncé ces actes de vandalisme.

De nombreuses célébrités telles que Paul McCartney, Peter Gabriel et Madonna ont appelé les autorités russes à libérer les Pussy Riot. Plusieurs pays ont dénoncé une sentence disproportionnée.

Selon un sondage publié jeudi par l'institut public russe VTsIOM, un tiers des Russes trouvent la condamnation des Pussy Riot trop lourde et 31 pour cent la jugent appropriée (sondage réalisé les 25 et 26 août auprès d'un échantillon de 1600 personnes; marge d'erreur de plus ou moins 3,4 points de pourcentage).

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