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Des restaurateurs du Vermont surtaxent les clients francophones

30/08/2012 10:12 EDT | Actualisé 30/10/2012 05:12 EDT

Des restaurateurs de l'État du Vermont autorisent leurs serveurs à imposer une surtaxe aux clients québécois et étrangers, qui ont la réputation de laisser peu ou pas de pourboires.

L'imposition de cette taxe informelle surnommée « Queeb tax » au Vermont a des échos dans les médias locaux et même nationaux, où des serveurs rapportent recevoir régulièrement de maigres pourboires ou parfois même rien du tout de la part de visiteurs étrangers, particulièrement lorsqu'ils viennent du Québec.

Les clients qui s'expriment en français seraient particulièrement visés par cette surcharge, selon ABC News, qui rapporte le témoignage d'une Américaine d'origine française à qui on a imposé plusieurs fois une surtaxe lors de repas familiaux après qu'on eut constaté que sa famille parlait français à table.

La dame raconte qu'on lui a demandé une somme supplémentaire pour le service à au moins trois reprises en un an dans des restaurants du Vermont, dont une taxe de 18 % sur un repas au restaurant Splash à the Boathouse, de Burlington.

Contactée par le quotidien vermontois Seven Days, la propriétaire du restaurant a nié l'existence d'une consigne officielle dans son restaurant de surtaxer les touristes étrangers.

Reconnaissant cependant que le problème des maigres pourboires est bien réel et que ses serveurs en paient le prix, la propriétaire a admis qu'elle laissait à la discrétion de son personnel le soin d'ajouter ou non la valeur d'un pourboire sur les factures.

Cette restauratrice ne serait d'ailleurs pas la seule à se plaindre de « l'avarice » des visiteurs canadiens.

« Des Canadiens viennent ici, dépensent parfois 100 $ ou 150 $ pour un repas et laissent environ 1 $ de pourboire au serveur. Et ça se produit souvent », déplore sur le site Internet d'ABC News Sandy Kong, propriétaire du restaurant Asiana Noodle Shop.

La direction du Splash at the Boathouse aurait cependant décidé récemment de ne plus permettre à ses serveurs d'imposer une surcharge pour le service aux clients étrangers, peut-on lire dans le Waterloo Record.

Certains restaurateurs du Vermont auraient pour leur part décidé de régler le problème en incluant le pourboire dans le prix de leurs repas.

D'autres ont expliqué au Waterloo Record que cette pratique est une bien mauvaise publicité pour la région et qu'il existe des moyens plus courtois de rappeler à la clientèle l'importance de laisser des pourboires.

Au Vermont, les serveurs ne touchent que 4,10 $ de l'heure comme salaire. Les pourboires laissés par les clients constituent donc une part importante de leurs revenus. En comparaison, leurs confrères québécois touchent 8,35 $ de l'heure plus les pourboires.

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