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Décennie noire d'Algérie: des proches de disparus réclament la vérité

30/08/2012 09:52 EDT | Actualisé 30/10/2012 05:12 EDT

Des dizaines de familles, militants et élus ont manifesté jeudi à Alger pour exiger la ratification de la Convention internationale sur les disparitions forcées et la vérité sur les milliers de disparus de la décennie noire (1992-2002).

"Nous demandons à ce pouvoir pourri de ratifier la Convention internationale contre la disparition forcée et de révéler la vérité sur ces milliers de disparus" en Algérie, a lancé Hassan Ferhati, porte-parole de l'association SOS Disparus, selon un journaliste de l'AFP.

Parmi les manifestants réunis à l'occasion de la Journée mondiale des disparus se trouvait Tarek Mammeri, un blogueur condamné à la prison pour avoir appelé au boycott des élections législatives du 10 mai. Face à eux, une cinquantaine de policiers, plutôt détendus, avaient été mobilisés.

"Ce pouvoir est impliqué directement dans les disparitions. C'est pour cela qu'il refuse de ratifier la convention", a affirmé Mustapha Bouchachi, devenu en mai député du Front des forces socialistes (FFS) après avoir présidé la Ligue algérienne de défense des droits de l'Homme (LADDH).

La guerre civile de 1992-2002 a fait officiellement 200.000 morts en Algérie, et les disparus se comptent par milliers. M. Bouchachi évoque 10.000 cas, SOS Disparus 8.000, et en 2010, le Premier ministre Ahmed Ouyahia avait fait état de 6.448 disparitions et de 35 dossiers en attente d'indemnisation.

Une loi de réconciliation nationale entrée en vigueur en 2006 prévoyait en effet d'indemniser les proches des disparus. Mais 25% des familles refusent l'indemnité, et celles qui l'ont perçue ont aussi besoin des corps pour pouvoir faire leur deuil, selon M. Ferhati.

La convention internationale contre les disparitions forcées a été signée le 6 février 2007 à Paris par 91 pays, dont l'Algérie. Entrée en vigueur fin 2010, elle a pour l'instant été ratifiée par 34 Etats.

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