Pour l'archevêque de Sydney les femmes australiennes doivent se soumettre à leur mari

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Un archevêque australien veut
Un archevêque australien veut "soumettre" les épouses à leurs maris

MARIAGE - Les propos de Peter Jensen, l'archevêque australien de Sydney, aggraveront-ils le divorce entre l'église anglicane et la société australienne?

Publié dans le Sydney Morning Herald le 29 août, son plaidoyer en faveur de la modification des voeux maritaux a mis le feu aux poudres.

Pour Peter Jensen, les femmes ne devront plus promettre "d'aimer et d'obéir" à leur mari, mais bien de l'aimer "et de se soumettre à lui, comme l'église se soumet au Christ."

D'après l'édition britannique du Huffington Post, cette pratique aurait même déjà lieu dans certaines paroisses de Sydney.

Dans sa tribune, l'archevêque de Sydney justifie paradoxalement cette décision par la volonté de mettre l'accent sur l'engagement de l'époux.

"Sa "soumission" témoigne de sa volonté d'accepter ce mode de vie, c'est sa façon de reconnaître l'engagement de l'époux pour son bien, le bien de son époux, et le bien des enfants qui naîtront de cette union. Elle acceptera son mari en tant qu'homme qui a fait le choix de la discipline et de l'engagement dans le mariage pour son amour et l'amour de leurs enfants. A une époque où les femmes se plaignent avec légitimité de la difficulté qu'ont les hommes à s'engager, voilà une démarche qui demande un véritable engagement tout du long."

Peter Jensen justifie ensuite sa décision en l'opposant au mariage civil, dont il affirme qu'il est une institution sapée de l'intérieur par un individualisme et un libertarianisme destructeurs, incompatible avec les réalités des relations à long terme telles que le mariage ou la vie de famille.

Grand-écart

Témoin du décalage entre l'église australienne et la société civile, la Chambre basse de Tasmanie, l'équivalent de l'Assemble nationale, a adopté une proposition de loi en faveur du mariage gay le 30 août, soit le lendemain de la polémique suscitée par Paul Jensen.

La proposition de loi devrait être examinée par la Chambre haute, l'équivalent de notre Sénat, à la fin du mois de Septembre.

La Tasmanie, qui constitue un des Etats formant l'Australie rejoindrait les 11 nations qui ont légalisé le mariage gay soit l'Argentine, la Belgique, le Canada, l'Espagne, la Norvège et certains Etats américains.

D'autres Etats australiens pourraient suivre la Tasmanie dans cette démarche, entraînant un grand mouvement national en faveur du mariage gay.

Reste à savoir si cette proposition de loi ne se heurtera pas à d'autres obstacles juridiques, ou s'il n'appellera pas à une révision du Marriage Act, qui règne sur les unions civiles en Australie.

De son côté, il est fort probable que la proposition de Peter Jensen concernant les voeux maritaux sera, elle aussi, retoquée pour cause d'incompatibilité avec ce même texte de loi.

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