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Après Marikana, l'Afrique du Sud veut rassurer les investisseurs

30/08/2012 06:07 EDT | Actualisé 30/10/2012 05:12 EDT

La ministre sud-africaine des Mines Susan Shabangu a voulu rassurer les investisseurs après le conflit social meurtrier de la mine de Marikana, assurant que tout était fait pour que "cela ne se reproduise jamais", dans une tribune publiée jeudi dans le quotidien de l'ANC.

Cette tribune reprend un discours prononcé à Perth en Australie lors d'une conférence d'investisseurs et de groupes miniers.

Mme Shabangu, qui pilote un groupe de travail sur les problèmes de rentabilité des mines de platine, dont l'Afrique du Sud est le premier producteur, a "remercié dirigeants syndicaux et milieux d'affaires de travailler avec le gouvernement pour garantir que la tragédie de Marikana ne se reproduise jamais dans cette industrie".

Une grève sauvage menée par des foreurs non syndiqués, encouragée par le syndicat minoritaire AMCU, a fait 44 morts à Marikana (groupe britannique Lonmin) dont 34 grévistes abattus par la police le 16 août, la pire fusillade policière depuis l'apartheid.

Mme Shabangu "a pressé les investisseurs, actuels et potentiels, de faire confiance aux solides fondations posées par la Constitution (sud-africaine), son gouvernement, ses institutions légales et civiles (...)".

"Le maintien d'un niveau négligeable d'investissement au profit des populations proches des mines, les conditions de vie sordides de la plupart des mineurs, et la ruée sur les bénéfices immédiats, créent malheureusement des risques pour le caractère durable de l'industrie minière dans le monde", a-t-elle cependant ajouté.

Le gouvernement sud-africain, qui a exclu une nationalisation des mines prônée par une partie de l'ANC, met la dernière main à un projet de holding minier public.

"Cela ouvre des opportunités de sociétés communes de développement avec l'Etat (...) en Afrique du Sud et hors du pays", a-t-elle dit.

Un projet de loi sur les Relations du travail est aussi en cours d'examen au parlement.

Il permettrait aux syndicats minoritaires de se faire entendre plus facilement et d'exiger une médiation lorsqu'ils contestent les accords salariaux négociés par le syndicat majoritaire (50% des travailleurs plus un), alors qu'à Marikana, les grévistes ont reproché au syndicat majoritaire sa collusion avec l'employeur.

Le texte prévoit aussi d'imposer un vote avant toute grève et d'interdire la participation de la population aux piquets de grève.

Des mesures auxquelles la puissante confédération du Cosatu s'est opposée mais elle pourrait revoir sa position à la lumière des événements de Marikana, où les syndicats ont été débordés par des non-syndiqués, selon le quotidien économique Business Day.

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