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Angola: l'opposition presse dos Santos de garantir la régularité des élections

30/08/2012 08:31 EDT | Actualisé 30/10/2012 05:12 EDT

L'opposition angolaise s'inquiétait jeudi de la régularité des élections générales prévues vendredi, les troisièmes seulement dans ce pays depuis l'indépendance en 1975, où la tenue des listes électorales et le choix des scrutateurs ne vont pas sans problème.

Isaias Samakuva, président de l'Unita, principal parti d'opposition mais dont la partie s'annonce difficile face à l'hégémonie du MPLA au pouvoir, a sollicité mercredi soir un entretien avec le président sortant et candidat, José Eduardo dos Santos, afin de garantir la régularité du scrutin.

C'est l'ultime tentative de l'Union nationale pour l'indépendance totale de l'Angola (Unita) pour obtenir des garanties sur l'organisation d'un scrutin transparent et démocratique, ce qui n'est pas le cas jusqu'à présent selon ce parti.

Ces élections générales regroupent les scrutins législatif et présidentiel, le chef du parti vainqueur aux législatives devenant automatiquement président de la République, selon la nouvelle Constitution adoptée en 2010.

Malgré cette bataille politique, le calme régnait dans la capitale angolaise en ce jeudi décrété "journée de réflexion", donc sans activité politique publique. Dans les rues décorées des drapeaux des partis, les habitants interrogés confiaient majoritairement leur volonté d'aller voter.

"C'est un privilège de pouvoir voter alors j'irai mettre mon bulletin dans l'urne sans faute", déclarait Antonio Vaz, 30 ans, chauffeur à son compte.

"J'espère que ces élections seront justes, libres et crédibles mais surtout que nos conditions de vie s'amélioreront", estimait Paulino Amulamberg, 27 ans, employé d'une entreprise de relations publiques.

Depuis janvier, l'Unita fait pression sur la commission nationale électorale (CNE) pour faire corriger certaines irrégularités. Si elle a obtenu gain de cause sur plusieurs points, comme l'abandon du vote à l'étranger et anticipé, l'Unita a encore des griefs.

"Plus de 2.000 représentants de l'Unita, qui doivent contrôler ce qui se passe dans les bureaux de vote le jour du scrutin, ne sont toujours pas accrédités à Luanda", a souligné mercredi soir M. Samakuva dans son meeting de fin de campagne.

"Beaucoup d'Angolais ne trouvent pas leur nom sur les listes d'électeurs et, dans certains endroits, ces listes n'ont toujours pas été publiées", a-t-il ajouté.

Des critiques qui portent lorsqu'on sait qu'il n'y a pas eu de recensement depuis 40 ans, dans ce pays sorti de la guerre civile en 2002.

M. Samakuva a aussi dénoncé des failles dans le système de transmission des résultats. Selon lui, la CNE n'est pas en mesure d'assurer un processus électoral organisé et transparent, un problème qu'il veut résoudre avec le président dos Santos en personne.

Le chef de l'Etat n'avait pas répondu jeudi à la mi-journée.

Pendant la campagne, le président de l'Unita et celui du tout nouveau parti d'opposition Casa, Abel Chivukuvuku, avaient chacun appelé le président dos Santos à participer à un débat public. Aucun n'a reçu de réponse.

Le parti au pouvoir, le Mouvement populaire pour la libération de l'Angola (MPLA), a condamné à plusieurs reprises les critiques de l'Unita. Il a dénoncé l'agitation créée par l'opposition, raillant ses demandes de report du scrutin comme une stratégie pour s'épargner une défaite annoncée.

Lors du dernier scrutin en 2008, le MPLA avait remporté 81% des suffrages contre 10% pour l'Unita. Ce scrutin avait été validé par les observateurs internationaux, l'Unita ayant pourtant rapporté de nombreuses fraudes.

Cette année, le principal parti d'opposition déplore l'absence d'observateurs européens, mais des observateurs africains seront bien présents vendredi.

L'ensemble des partis d'opposition dénoncent aussi la partialité des médias publics nationaux et l'omniprésence du MPLA dans les sujets télévisés et radiodiffusés.

Le président dos Santos a décrété fériée la journée électorale, comme lors du dernier scrutin, pour faciliter le vote des 9,7 millions d'Angolais appelés aux urnes.

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