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Afrique du Sud: les négociateurs espèrent un déblocage de la situation à Marikana

30/08/2012 06:18 EDT | Actualisé 30/10/2012 05:12 EDT

Le troisième producteur mondial de platine Lonmin et les médiateurs espéraient arriver jeudi à un accord après trois semaines d'une grève sanglante qui a fait 44 morts à la mine sud-africaine de Marikana (nord).

Les pourparlers avec les grévistes, engagés sous l'égide du gouvernement sud-africain, devaient reprendre jeudi, après douze heures de négociations à Rustenburg, la grande ville des environs.

"Je pense qu'aujourd'hui sera le jour qui permettra de décider de la voie à suivre. Je pense que c'est le jour J", a indiqué à l'AFP l'évêque Jo Seoka, médiateur du Conseil sud-africain des Eglises.

Selon la porte-parole de Lonmin, Sue Vey, les médiateurs du gouvernement étaient "très constructifs". "Nous espérons trouver une solution aujourd'hui" (jeudi), a-t-elle déclaré.

L'entreprise veut un "accord de paix" permettant d'engager dans de bonnes conditions des négociations sur les revendications salariales des travailleurs.

Mais les mineurs, qui disent gagner 4.000 rands (400 euros) par mois, en veulent 12.500, et affirment qu'ils ne redescendront pas sous terre jusqu'à ce que leurs demandes soient satisfaites.

Mgr Seoka a relevé qu'il y avait lors des précédentes réunions "une compréhension générale que tout le monde veut la paix, un environnement stable et propice au travail", mais a reconnu que peu de progrès avait été accomplis sur les revendications des travailleurs.

Les grévistes ont parallèlement accepté de se faire représenter par les syndicats.

"Nous avons réalisé que sans les syndicats, ça nous aurait pris plus de trois mois pour engager le dialogue avec l'employeur", a indiqué leur porte-parole Zolisa Bodlani à l'agence Sapa.

La grève, lancée par 3.000 foreurs, paralyse les activités de Lonmin à Marikana depuis le 10 août. Seuls 6,6% des 28.000 employés de la mine se sont rendus au travail jeudi, selon Lonmin.

Dix hommes, dont deux policiers, ont été tués entre le 10 et le 12 août dans des affrontements intersyndicaux. Puis une fusillade policière a fait 34 morts le 16 août.

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