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WikiLeaks: Bradley Manning avait déjà enfreint la loi, affirme l'armée

29/08/2012 04:45 EDT | Actualisé 29/10/2012 05:12 EDT

Bradley Manning, accusé d'être la "taupe" du site WikiLeaks en transmettant des dizaines de milliers de documents militaires et diplomatiques, avait déjà enfreint la loi, a affirmé mercredi l'armée américaine lors d'une audience préliminaire devant une cour martiale.

Le simple soldat de 24 ans avait publié sur YouTube, en 2008, une vidéo non autorisée à l'intention de sa famille, ont indiqué les procureurs lors d'une audience préliminaire sur la base militaire de Fort Meade (Maryland, est).

L'ancien analyste du renseignement en Irak avait utilisé les termes "classé secret défense" et "top secret" dans cette vidéo mais il avait été confondu et, en punition, avait été contraint de suivre une formation pour avoir enfreint le règlement militaire, ont ajouté les procureurs militaires.

Il avait dû en particulier réaliser une présentation sur Power Point dans laquelle il avait défini la portée des informations classifiées et expliqué ce qui constitue une violation du système sécurisé.

L'armée américaine estime que cette information prouve que Bradley Manning était pleinement conscient des conséquences de ses actes lorsqu'il a transmis, entre novembre 2009 et mai 2010, des documents militaires américains sur les guerres en Irak et en Afghanistan et 260.000 dépêches du département d'Etat.

L'accusation a dit son intention de montrer cette vidéo lors du procès de Manning en cour martiale, qui devrait s'ouvrir en février.

Bradley Manning encourt la réclusion criminelle à perpétuité pour collusion avec l'ennemi.

"L'intention derrière ces deux actes est suffisamment proche, volontaire, et a porté atteinte aux intérêts des Etats-Unis", a déclaré le capitaine Angel Overgaard, lors de l'audience.

Les avocats de Manning estiment que la diffusion de cette vidéo et de la présentation Power Point compromettrait les chances d'un procès équitable.

Ils ont accusé mardi les procureurs militaires d'avoir dissimulé quelque 1.300 courriels relatifs aux conditions de détention de Manning après son arrestation en 2010, craignant "une publicité négative".

Le soldat a vécu des conditions d'emprisonnement très sévères durant neuf mois à la prison militaire de Quantico, en Virginie (est), qui avaient été dénoncées par les défenseurs des droits de l'homme.

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