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USA: taux de croissance revu en hausse, le discours de M. Bernanke attendu

29/08/2012 03:14 EDT | Actualisé 29/10/2012 05:12 EDT

Washington a revu à la hausse mercredi le taux de croissance de l'économie américaine au deuxième trimestre mais cela ne devrait pas influencer le discours, très attendu, que le président de la banque centrale des Etats-Unis (Fed) Ben Bernanke doit prononcer vendredi.

Cette révision ne change cependant rien au tableau de l'économie américaine et de ses perspectives peu attrayantes, estiment plusieurs analystes, alors que les marchés spéculent sur les indications que pourrait donner M. Bernanke sur l'évolution de la politique monétaire aux Etats-Unis lors de sa traditionnelle rentrée médiatique à Jackson Hole, dans le Wyoming (ouest).

Le département du Commerce a indiqué avoir revu en hausse de 0,2 point, à 1,7% en rythme annualisé, son estimation de la progression du produit intérieur brut américain de mars à juin, mais ce taux de croissance reste le plus faible relevé depuis l'été 2011 en Amérique.

La révision à la hausse de la consommation des ménages a été perçue comme un élément encourageant, mais ses effets sur la croissance ont été annulés par une révision à la baisse de l'investissement des entreprises dans leur outil de production, qui ne cesse de ralentir depuis neuf mois.

Harm Bandholz, économiste de la banque italienne UniCredit, estime que ce ralentissement est dû aux "incertitudes relatives aux perspectives de l'économie mondiale et à l'évolution de la situation budgétaire aux Etats-Unis", lesquelles ne devraient pas être levées de sitôt.

Selon lui, la consommation des ménages a pris le relais de l'investissement comme "moteur de croissance de l'économie américaine" mais ne devrait pas être suffisamment vigoureuse pour permettre une baisse appréciable du taux de chômage (8,3% en juillet) d'ici à la fin de l'année.

Les nouveaux chiffres du ministère montrent un net progrès de la demande intérieure finale de biens et services américains.

"Normalement, c'est une bonne nouvelle pour les perspectives de production" du pays, mais comme le vecteur principal de cette amélioration est une baisse des importations, "cela n'est pas nécessairement annonciateur d'une hausse de la production nationale, cela pourrait simplement signifier davantage d'importations à venir", note Nigel Gault, du cabinet IHS Global Insight.

Lors de sa dernière réunion, les 31 juillet et 1er août, le Comité de politique monétaire de la Fed (FOMC) est apparu tenté d'augmenter encore son soutien à l'économie américaine en cas de persistance du ralentissement de l'activité.

Depuis lors, l'"activité économique a continué de croître doucement (...) dans la plupart des régions et des secteurs", selon le dernier rapport de conjoncture de la Fed (Livre beige) publié mercredi.

En dépit de réserves connues de plusieurs membres du FOMC sur le sujet, les marchés spéculent depuis quelques semaines sur la possibilité que la Fed assouplisse davantage sa politique monétaire ultra-accommodante dans les mois qui viennent.

Ils attendent donc avec impatience de savoir ce que M. Bernanke déclarera vendredi à 14h00 GMT.

Ils risquent d'être déçus, prévient Joel Naroff, de Naroff Economics Advisors. Selon lui, "la croissance n'est pas suffisamment forte pour que M. Bernanke (...) exclue la possibilité d'un nouvel assouplissement, ni suffisamment faible pour le contraindre à annoncer de nouvelles mesures".

En conséquence, estime-t-il, M. Bernanke devrait se comporter comme tout "bon président de la Fed et temporiser".

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