NOUVELLES

Syrie: démissions du CNS, appel à un gouvernement de transition

29/08/2012 03:20 EDT | Actualisé 29/10/2012 05:12 EDT

La responsable des relations extérieures du Conseil national syrien (CNS) Bassma Kodmani a dit mercredi avoir démissionné de cette instance de l'opposition avec "quelques autres" et a appelé à la constitution d'un "gouvernement de transition", sur la radio française RFI.

Elle a reproché au CNS, dont elle était l'une des porte-parole, d'avoir perdu une partie de sa crédibilité en raison de ses difficultés de "coordination entre les différents groupes" qui le composent et avec les forces sur le terrain.

"J'ai eu le sentiment que la crédibilité" du CNS "était en train de s'affaiblir", a-t-elle déclaré. "Nous avons, moi et quelques uns, alerté sur la nécessité de se coordonner de façon plus rapprochée avec les forces sur le terrain".

"Les soutiens se sont érodés et le CNS n'a pas fait suffisamment attention aux raisons de cette érosion, et là aussi je regrette que nous n'ayons pas été entendus lorsque nous avons alerté sur les risques de cette perte de crédibilité que la communauté internationale a commencé à signifier au CNS", a souligné Mme Kodmani.

Le CNS, principale force de l'opposition syrienne, est une coalition de différents courants parfois rivaux, critiquée pour son manque de coordination avec les forces qui agissent à l'intérieur de la Syrie, et pour la place croissante prise par les Frères musulmans. Il est présidé par Abdel Basset Sayda, un Kurde exilé en Suède depuis près de 20 ans qui a succédé le 10 juin à Burhan Ghalioun.

"Une autorité alternative doit émerger", a estimé Mme Kodmani. "Je vois donc la nécessité de former maintenant un gouvernement provisoire qui réunisse les forces d'opposition. Les participants au CNS devront en faire partie, mais le conseil sera dépassé par une autorité politique nouvelle qui sera jugée sur sa bonne coordination avec l'intérieur - sa légitimité viendra de là - et sur sa capacité à gérer les dossiers de façon cohérente et responsable", a-t-elle souligné.

Elle a rendu hommage à la diplomatie française qui "accompagne les différentes phase de la révolution syrienne" et demande aujourd'hui "la mise en place d'un gouvernement de transition".

Le président François Hollande a annoncé lundi qu'il reconnaîtrait un gouvernement provisoire syrien dès sa formation.

nou/jb

PLUS:afp