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Nucléaire: Ban Ki-moon demande à Téhéran des progrès "concrets"

29/08/2012 01:46 EDT | Actualisé 29/10/2012 05:12 EDT

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a demandé mercredi aux dirigeants iraniens qu'il a rencontrés à Téhéran de prendre des mesures "concrètes" pour apaiser les craintes sur le programme nucléaire du pays, a indiqué son porte-parole Martin Nesirky.

M. Ban, qui a rencontré le Guide suprême iranien Ali Khamenei et le président Mahmoud Ahmadinejad, a aussi souligné à ses interlocuteurs que les derniers commentaires de Téhéran sur Israël étaient "offensants".

Selon le porte-parole, qui s'adressait depuis Téhéran à des journalistes à New York, M. Ban "a déclaré que l'Iran devait prendre des mesures concrètes pour répondre aux inquiétudes de l'AIEA (Agence internationale de l'énergie atomique) et pour prouver au monde que son programme nucléaire a des objectifs pacifiques".

Le secrétaire général a aussi fait valoir que ce dossier ne pouvait se régler que "par une solution diplomatique et pacifique", alors qu'Israël a menacé d'attaquer préventivement des installations nucléaires iraniennes.

Evoquant les commentaires de dirigeants iraniens qualifiant l'Etat hébreu de "tumeur", M. Ban a réaffirmé que ces propos étaient "offensants et provocateurs" et les a jugés "inacceptables".

Toujours selon M. Nesirky, il a demandé à Téhéran "d'user de son influence pour faire valoir auprès des dirigeants syriens la nécessité de mettre fin d'urgence à la violence et de créer les conditions d'un dialogue véritable" entre pouvoir et opposition.

Il a aussi réitéré son opposition à toute "militarisation supplémentaire" de ce conflit et "demandé à tous les pays de ne plus fournir d'armes aux différentes parties impliquées en Syrie".

M. Ban "croit fermement que l'Iran, étant donné son influence régionale et son influence sur la Syrie, peut jouer un rôle important dans un règlement" de cette crise.

Le département d'Etat américain, qui avait émis de très fortes réserves sur le voyage de M. Ban en Iran, a répondu que les Etats-Unis "seraient d'accord avec (M. Ban) pour dire que l'Iran a un rôle à jouer". "Et ce rôle consiste à rompre avec le régime d'Assad et à cesser de lui fournir de l'aide matérielle, des armes et des conseillers", a accusé la porte-parole de la diplomatie américaine Victoria Nuland.

Les Etats-Unis dénoncent depuis des semaines les "liens" entre l'Iran et le régime syrien.

Par ailleurs, d'après son porte-parole, le secrétaire général de l'ONU a souligné auprès du président iranien que "les droits de l'homme en Iran restaient un motif de préoccupation" et que "les droits civils et politiques fondamentaux (des Iraniens) devaient être respectés".

M. Ban a aussi rencontré, en marge du 16e sommet des pays non-alignés auquel il doit assister jeudi à Téhéran, le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale Saïd Jalili, responsable des négociations avec les grandes puissances sur le dossier nucléaire, ainsi que le président du parlement Ali Larijani.

Martin Nesirky a souligné que ces entretiens avaient été "très détaillés" mais a refusé de caractériser les réactions iraniennes aux propos de M. Ban.

avz/nr/bdx

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