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Mitt Romney, l'homme qui promet de relancer l'économie américaine

29/08/2012 01:14 EDT | Actualisé 29/10/2012 05:12 EDT

COUNCIL BLUFFS, États-Unis - Candidat malheureux à l'investiture républicaine en 2008, Mitt Romney prend aujourd'hui sa revanche. Près de 20 ans après ses débuts en politique, il mise sur l'économie pour défaire Barack Obama à l'élection présidentielle de novembre. Mais son image de riche guindé et ses revirements sur des dossiers sociaux pourraient lui nuire dans la course à la Maison-Blanche.

Le candidat présidentiel du Parti républicain, âgé de 65 ans, fait valoir son passé de chef d'entreprise multimillionnaire, à l'aise sur les sujets économiques et capable de créer des emplois. Mais Mitt Romney, c'est aussi l'homme qui change souvent d'avis, notamment sur l'avortement et le port d'armes.

Certains le trouvent sérieux et réservé, d'autres, détendu et drôle. Ses amis affirment qu'il est un mari et un père dévoué. Avec sa femme Ann, ils ont cinq fils et 18 petits-enfants.

Mitt Romney s'affiche comme un homme proche du peuple, se réjouissant sur Twitter de voler à bord d'un transporteur régulier ou de manger des sandwichs. Mais lorsqu'il appelle à une réforme fiscale pour aider la classe moyenne en parlant des «80 à 90 pour cent d'entre nous dans ce pays», les moqueries fusent. Sa fortune était évaluée à près de 250 millions $ US en 2011.

Né le 12 mars 1947 à Detroit, le candidat républicain est le fils de George W. Romney, ancien PDG d'American Motors. Son premier prénom est Willard, comme le magnat de l'hôtellerie Willard Marriott, un ami de la famille. Le jeune Mitt Romney a été plongé très tôt dans la vie économique et politique: son père a été gouverneur du Michigan, tandis que sa mère Lenore, une ancienne actrice, a été candidate au Sénat.

Jeune homme, Mitt Romney assiste à l'échec de son père, contraint de se retirer de la course à l'investiture républicaine pour la présidentielle de 1968 après avoir déclaré qu'il a eu tort de soutenir la guerre du Vietnam, sous l'influence d'un «lavage de cerveau» de l'armée.

Mitt Romney grandit dans un quartier chic de Detroit et se taille une réputation de blagueur et d'élève modèle dans son école privée pour garçons. Il étudie à l'université Stanford puis, à 19 ans, devient missionnaire de l'Église mormone en France, de 1966 à 1968. Là, il est grièvement blessé dans un accident de la route dont il n'est pas responsable. L'un de ses passagers est tué.

Le jeune homme rentre aux États-Unis, reprend ses études et épouse sa petite amie de l'adolescence, Ann Davies, qui se convertit au mormonisme. Dans le Massachusetts, il exerce les fonctions d'évêque pour l'Église de Jésus-Christ des Saints des derniers jours. Il a affirmé en 2008 qu'il ne ferait «aucune confusion entre les enseignements spécifiques de (son) église et les obligations» de la présidence.

Diplômé en droit et en commerce à Harvard en 1975, Mitt Romney rejoint deux ans plus tard le groupe Bain, un cabinet de consultants établi à Boston, où il est rapidement repéré. On lui confie la direction du fonds d'investissement Bain Capital.

Les activités de la société de rachat et de revente d'entreprises ont parfois des conséquences désastreuses: fermetures d'usines, licenciements, faillites. Dans une interview en 2007 au «New York Times», Mitt Romney assurait que «la pilule est parfois dure à avaler, mais nécessaire pour sauver la vie du patient». L'an dernier, il affirmait que des «dizaines de milliers d'emplois» avaient été créés par Bain Capital. Une assertion difficile à prouver, selon le «Washington Post».

En 1994, Mitt Romney se porte candidat au Sénat en soutenant le droit à l'avortement et le contrôle des armes. «Il voulait vraiment rassembler à (Ted) Kennedy, sans être Kennedy», commente Paul Watanabe, professeur de sciences politiques à l'université du Massachusetts. Mitt Romney assure à une organisation républicaine de défense des homosexuels qu'il leur sera plus utile que Kennedy.

Depuis, son discours a viré à droite. Il souhaite désormais que la Cour suprême revienne sur l'arrêt Roe vs. Wade de 1973 légalisant l'avortement pour laisser chaque État légiférer en la matière. Lui qui refusait de s'aligner avec la National Rifle Association (NRA) en 1994 a pris sa carte de membre à vie de l'organisation de défense du port d'arme douze ans plus tard. Quand on lui reproche son opportunisme politique, il invoque une évolution naturelle.

En 1999, Mitt Romney reprend l'organisation des Jeux olympiques de Salt Lake City, touchée par un scandale. Ses qualités de gestionnaire font des merveilles.

En 2003, il devient gouverneur du Massachusetts, poste qu'il occupera jusqu'en 2007. En tant que responsable de l'Association des gouverneurs républicains, il arpente le pays, entretient son réseau et prend ses distances avec un Massachusetts plutôt démocrate.

C'est pourtant là qu'il acquiert une stature nationale, en créant une assurance santé pour tous dans son État: une mesure que les républicains dénoncent dans la réforme de la santé instaurée par Barack Obama à l'échelle nationale...

Mitt Romney défend sa loi sur la santé, qu'il présente comme «une solution locale à un problème local». Il promet d'abroger la réforme d'Obama s'il est élu.

Son évolution déçoit Jon Gruber, professeur d'économie au Massachusetts Institute of Technology. «Il est le héros d'une réforme sur l'assurance-maladie, que cela lui plaise ou non. (...) J'espère que dans 20 ans, il sera capable de regarder en arrière et d'apprécier les choses étonnantes qu'il a accomplies (...) même s'il a aujourd'hui le sentiment de devoir s'en éloigner.»

Mais Mitt Romney préfère se concentrer sur ses combats et ses adversaires immédiats. Régulièrement qualifié de girouette, il dégaine une réponse toute faite: «Je suis aussi constant que peuvent l'être les êtres humains».

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