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Mario Draghi enjoint les Allemands à approuver son plan de rachat d'obligations

29/08/2012 01:28 EDT | Actualisé 29/10/2012 05:12 EDT

FRANCFORT - Le président de la Banque centrale européenne (BCE) Mario Draghi enjoint les Allemands à soutenir ses efforts pour sauver l'euro, dans une tribune publiée mercredi dans l'hebdomadaire allemand «Die Zeit».

Mario Draghi défend l'élaboration par la BCE d'un programme de rachat d'obligations dont le but est de faire baisser le coût de l'emprunt pour les pays endettés comme l'Espagne et l'Italie.

En tant que pays exportateur profondément intégré aux économies mondiale et européenne, l'Allemagne a besoin d'une monnaie forte et stable dans les 17 pays de la zone euro, souligne M. Draghi. La baisse des taux d'intérêt, après la flambée causée par la panique des marchés financiers, permettrait de mieux diffuser à travers la zone euro les taux actuellement bas de la BCE, selon lui.

«Lorsque les marchés sont fragmentés ou influencés par des peurs irrationnelles, nos signaux de politique monétaire n'atteignent pas de façon identique les citoyens à travers la zone euro, écrit M. Draghi. Nous devons remédier à de tels blocages pour permettre une politique monétaire unique et par conséquent une stabilité des prix pour tous les citoyens de la zone euro. Cela peut parfois demander des mesures exceptionnelles.»

La plupart des économistes attribuent principalement la chute des taux d'emprunt ce mois-ci à la confiance dans l'approbation du programme de la BCE de rachat des obligations publiques d'Espagne et d'Italie, si ces pays réclament l'aide du fonds de secours.

Angela Merkel s'est prononcée en faveur d'un tel programme. La chancelière allemande a en revanche réitéré mercredi, à l'issue d'un entretien avec le premier ministre italien Mario Monti, son opposition à l'attribution d'une licence bancaire au fonds de soutien, le Mécanisme européen de stabilité (MES).

Mario Draghi a de son côté appelé dans sa tribune à une discussion sur les «minimums» requis pour accomplir l'union monétaire, dont un contrôle accru de l'Union européenne sur les dépenses des États et les banques.

«Nous avons besoin d'une véritable supervision des budgets nationaux, écrit-il. Les conséquences de politiques fiscales malavisées dans une union monétaire sont trop graves pour demeurer du seul ressort des États.»

«La lettre de Draghi ne va pas nécessairement faire baisser la garde de ceux qui résistent en Allemagne», a analysé Robert Lynch, de HSBC Global Research. Néanmoins, cette tribune «souligne la détermination de la Banque centrale à faire avancer ses projets de mise en place d'un mécanisme qui intervienne de façon plus agressive sur les marchés obligataires de la zone euro».

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