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Les inégalités pourraient provoquer une révolution en Afrique du Sud (vice-président)

29/08/2012 03:47 EDT | Actualisé 29/10/2012 05:12 EDT

Les très fortes inégalités entre riches et pauvres sont susceptibles de déclencher une révolution en Afrique du Sud, a mis en garde mercredi le vice-président Kgalema Motlanthe, après près de trois semaines d'une grève sanglante à la mine de Marikana (nord).

"La consommation ostentatoire (...) au milieu de la misère" pourrait enflammer les ressentiments contre les nantis. "C'est un ingrédient pour une révolution", a déclaré M. Motlanthe à des journalistes.

"Ce n'est qu'une question de temps avant qu'il y ait une résonance de la forte volonté de sortir de la pauvreté abjecte et des privations", a-t-il ajouté.

"Nous sommes déjà dans une situation intenable avec 15 millions de bénéficiaires de l'aide sociale" sur 50 millions d'habitants, a relevé celui qui pourrait se présenter en décembre contre le président Jacob Zuma lors du prochain congrès de l'ANC, le parti au pouvoir.

L'Afrique du Sud est régulièrement secouée par de violentes manifestations contre la quasi-absence des services publics dans les bidonvilles, et le chômage, qui touche officiellement 25% de la population active, alors que 39% des habitants vivent avec moins de 432 rands (43 euros) par mois.

Ces dernières semaines, le pays a été marqué par les violences qui ont endeuillé la mine de platine de Marikana, faisant 44 morts, dont 34 grévistes abattus par la police.

Le mouvement, qui porte sur les salaires, a attiré l'attention sur la misère des mineurs et risque toujours de s'étendre à d'autres entreprises.

"Nous ne pensons pas que les investisseurs seront rebutés ou découragés par ces événements tragiques à Marikana. Cependant, nous devons continuer à les rassurer", a noté M. Motlanthe.

Mais les propriétaires de mines doivent selon lui "penser très différemment" les conditions de vie de leur main-d'oeuvre.

"La stabilité est une condition préalable à l'amélioration de la productivité, mais avec ce genre de conditions, la stabilité n'est pas garantie", a-t-il dit, évoquant notamment les piètres conditions de logement des mineurs.

Bien que préoccupé par le caractère instable et potentiellement explosif des manifestations, et condamnant la violence, Kgalema Motlanthe a estimé que les manifestants étaient dans leur droit quand ils exprimaient leurs griefs.

"C'est une instabilité nécessaire à laquelle nous devons répondre", a-t-il dit.

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