SAINT-BRUNO-DE-MONTARVILLE, Qc - La Coalition avenir Québec (CAQ) a dévoilé mercredi «la clef de voûte» de son plan pour augmenter le nombre de patients qui auront accès à un médecin de famille.

La CAQ a promis qu'elle changerait la loi pour permettre aux omnipraticiens de déléguer certains de leurs actes à du personnel paramédical sans perte de rémunération.

Les médecins de famille ne seraient plus soumis à l'obligation de pratiquer à l'hôpital, une tâche qui compte actuellement pour 35 à 45 pour cent de leur temps de travail, a aussi annoncé le chef caquiste François Legault lors d'une conférence de presse.

Ainsi libérés, les médecins pourraient voir plus de patients en cabinet privé, évitant l'engorgement des urgences avec des cas qui n'ont pas leur place dans les hôpitaux.

Accompagnant M. Legault, le candidat caquiste Gaétan Barrette, qui a présidé un regroupement des médecins spécialistes, a déclaré que l'abolition de l'obligation de travailler dans les hôpitaux et la délégation d'actes fera passer les médecins de famille «d'une Lada à une Formule 1».

«Le médecin de famille (...) va avoir la liberté de pratiquer et de voir plus de patients, a-t-il dit. C'est une révolution et c'est le point fondamental, avec les autres, qui va faire que nous allons pouvoir remplir notre promesse de 'un médecin de famille pour chaque patient du Québec'.»

M. Legault a affirmé que jusqu'ici, les omnipraticiens n'avaient aucun avantage à céder une partie de leur tâche à du personnel paramédical, en raison de la perte de revenu qui en résultait.

«Actuellement, quand les actes sont délégués à du personnel, les médecins ne sont pas payés, donc il n'y a pas d'incitatif à ce que les actes soient délégués, a-t-il dit. Donc la loi sur l'assurance maladie va être modifiée aussi à cet effet.»

Alors que les libéraux et les péquistes jugent qu'il manque de médecins de famille, la CAQ croit que les 8000 omnipraticiens québécois répondraient aux besoins actuels s'ils augmentaient à au moins 1000 le nombre de patients qu'ils suivent.

M. Barrette, qui est resté vague sur les coûts liés à l'annonce, a affirmé qu'avec ces deux éléments, la CAQ serait en mesure de réaliser sa promesse de régler le problème de l'accès aux médecins de famille au terme de sa première année au pouvoir.

«Il est normal qu'on arrive à la fin de la campagne électorale avec la clef de voûte d'un programme qui est de grande envergure», a-t-il dit.

M. Barrette a affirmé qu'il serait inconcevable d'en demander plus aux médecins sans garantir que leur revenu sera maintenu malgré les actes délégués.

«Si je lui propose de s'entourer, de travailler plus, de voir plus de patients et en plus de perdre des revenus, donnez-moi la corde, il y a des arbres ici je vais aller me pendre», a-t-il dit sous les arbres où se tenait la conférence de presse, sur le terrain d'un centre communautaire.

Pour libérer les médecins de l'obligation de pratiquer à l'hôpital, la CAQ abolirait graduellement, au cours des six premiers mois de son mandat, les activités médicales particulières (AMP), que M. Legault avait mises en place alors qu'il était ministre de la Santé.

«Les AMP devaient être là de façon temporaire et pour dépanner en cas de nécessité, a expliqué le chef caquiste. Actuellement, c'est devenu la norme pour tous les médecins et on a comme passé le balancier d'un extrême à l'autre.»

M. Legault a répété sa préoccupation envers le départ de diplômés en médecine qui quittent le Québec après avoir étudié à l'Université McGill.

Le chef caquiste a affirmé qu'il pourrait recourir à la clause dérogatoire à la Charte canadienne des droits et libertés pour obliger ces médecins à pratiquer un certain nombre d'années au Québec, mais il a précisé mercredi que cela serait une mesure de dernier recours.

«Il faut essayer de trouver des moyens incitatifs, parce que garder les gens de force, personne ne souhaite ça, a-t-il dit. Ce qu'on veut, c'est trouver des manières de motiver les médecins à rester.»

Par ailleurs, M. Legault s'est moqué d'une intervention inusitée d'un candidat du Parti québécois lors d'un discours matinal qu'il avait prononcé devant des gens d'affaires de l'est de Montréal.

Jean-François Lisée, qui se présente dans Rosemont, a critiqué les priorités de M. Legault concernant le transport en commun dans l'est de l'île, amorçant même un début de débat avec son adversaire caquiste.

En annonçant sa «clef de voûte» en santé, M. Legault est revenu sur le sujet à la suite d'une question d'un journaliste.

«M. Lisée est en manque de tribunes, probablement que sa chef ne lui en donne pas assez, donc il a choisi ce matin de venir poser des questions comme si c'était un homme d'affaires de l'est de Montréal, a-t-il dit. Je pense que personne n'a été dupe.»

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