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Le Kenya ne tolèrera pas de "guerre de religions" (Premier ministre)

29/08/2012 05:15 EDT | Actualisé 29/10/2012 05:12 EDT

Le Premier ministre kényan Raila Odinga a assuré mercredi qu'il ne laisserait pas s'installer une "guerre de religions" au Kenya, après une rencontre avec des chefs musulmans et chrétiens à Mombasa, ville secouée par deux jours d'émeutes à la suite du meurtre d'un prêcheur islamiste.

"Les chrétiens et les musulmans prêchent la paix, mais il y a quelques personnes qui sont là pour amener un conflit entre chrétiens et musulmans," a déclaré M. Odinga. "Nous ne laisserons pas des forces extérieures inciter les Kényans à une guerre religieuse," a-t-il ajouté, dénonçant une nouvelle fois le meurtre du prêcheur Aboud Rogo Mohammed lundi.

Le Kenya est majoritairement chrétien. Une importante communauté musulmane vit le long de sa côte.

Lundi, M. Odinga avait déjà condamné le meurtre et appelé la "population à ne pas utiliser ce triste événement pour apporter plus de douleur et de souffrances (au) pays."

Le président kényan Mwai Kibaki, qui ne s'est pas encore exprimé publiquement sur les événements, devait lui aussi se rendre à Mombasa mercredi, pour l'inauguration d'un navire militaire. Mais il a annulé son déplacement, pour assister à l'enterrement de la veuve d'un ex-ministre, selon le gouvernement.

Lundi et mardi, les émeutes à Mombasa, deuxième ville du Kenya et destination touristique, ont fait au moins quatre morts -- trois policiers et un civil -- et au moins une douzaine de blessés parmi les forces de l'ordre. Des centaines de jeunes ont caillassé voitures et magasin, pillé et brûlé des églises.

Les violences ont débuté immédiatement après le meurtre de Rogo, abattu alors qu'il se trouvait dans son véhicule avec sa famille.

Mercredi, le calme semblait revenu dans le port de Mombasa, encore sous tension toutefois, selon la police et des journalistes de l'AFP.

Rogo était sous le coup de sanctions de l'ONU et des Etats-Unis pour des liens présumés avec les islamistes somaliens shebab. Il était accusé d'avoir recruté et levé des fonds pour le mouvement islamiste, rallié à Al-Qaïda.

Début 2012, Rogo avait été arrêté dans une descente de police chez lui. La police avait affirmé avoir trouvé armes, munitions, détonateurs. Le prêcheur était depuis en liberté sous caution.

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