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La condamnation de l'ex-première ministre ukrainienne confirmée

29/08/2012 11:43 EDT | Actualisé 29/10/2012 05:12 EDT

KIEV, Ukraine - Le plus haut tribunal ukrainien a confirmé mercredi la condamnation de l'ex-première ministre Ioulia Timochenko, qui purge une peine de sept ans de prison depuis octobre pour «abus de pouvoir». L'Union européenne et les États-Unis estiment qu'il s'agit d'une condamnation politique.

L'ex-égérie de la Révolution orange de 2004, qui dirige aujourd'hui le principal parti d'opposition en Ukraine, avait été reconnue coupable d'abus de pouvoir pour la signature d'un contrat d'importation de gaz russe en 2009, alors qu'elle était première ministre.

Les partisans de l'opposante, âgée de 51 ans, accusent le président Viktor Ianoukovitch, son grand rival qui a remporté l'élection en 2010, de l'avoir fait condamner pour l'empêcher de participer aux élections législatives prévues à l'automne.

Le juge Oleksandr Elfimov a souligné mercredi que la Cour de cassation n'avait «trouvé aucun fondement» à la demande d'appel et que la peine était «en adéquation avec la gravité du crime».

Plusieurs personnes dans le public ont crié «Honte!» à la lecture du jugement, à laquelle assistaient l'ancien président polonais Aleksander Kwasniewski et l'ex-président du Parlement européen Patrick Cox.

«Ces décisions présentes et passées n'ont rien à voir avec la justice», a déclaré l'assistant de Mme Timochenko, Oleksandr Tourtchinov.

La fille de l'opposante, Eugenia, a dénoncé une «décision honteuse, qui prouve une fois de plus qu'une dictature s'est installée en Ukraine».

Les avocats de Mme Timochenko ont décidé de porter la cause en appel devant la Cour européenne des droits de l'Homme.

Pour l'analyste politique Mikhaïlo Pogrebinski, la décision de la Cour de cassation «mène le système juridique ukrainien dans une impasse». «On peut difficilement parler d'état de droit dans le cas d'une procédure pénale pour une décision politique», a-t-il estimé.

Environ 500 personnes ont manifesté devant le tribunal mercredi, en scandant «Liberté pour Ioulia!». Après la lecture du jugement, ils ont mimé une procession funéraire en portant un petit cercueil dans lequel était installée une représentation de Thémis, la déesse grecque de la justice. Ils ont enterré le cercueil dans la cour du tribunal, où ils ont érigé une croix et installé une plaque où l'on pouvait lire: «Ici repose la justice ukrainienne».

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