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La chinoise CNOOC demande l'approbation d'Ottawa pour acheter Nexen

29/08/2012 12:06 EDT | Actualisé 29/10/2012 05:12 EDT

TORONTO - Le gouvernement canadien a entrepris d'examiner l'offre d'achat de 15,1 milliards $ déposée par China National Offshore Oil (CNOOC) pour l'entreprise canadienne d'hydrocarbures Nexen (TSX:NXY).

«Je peux maintenant confirmer que CNOOC a présenté une demande d’examen de son acquisition proposée de Nexen en vertu de la Loi sur Investissement Canada, et je mène un examen portant sur l’investissement proposé», a indiqué le ministre de l'Industrie, Christian Paradis, dans un communiqué transmis par courriel.

Cet examen prendra initialement 45 jours, mais il pourra être prolongé de 30 jours ou plus. Lorsqu'il se penche sur des prises de contrôle étrangères, le ministre doit décider si la transaction représente un avantage net pour le Canada.

Lorsqu'elle a annoncé cette prise de contrôle amicale le 23 juillet, l'entreprise étatique chinoise a promis que le siège social de ses activités en Amérique du Nord et centrale sera à Calgary. Elle s'est aussi engagée à garder tous les employés et gestionnaires de Nexen.

L'offre de 27,50 $ par action représentait une prime de 61 pour cent par rapport au cours à la clôture du titre de Nexen avant l'annonce.

L'entente a été annoncée après deux mois de négociations entre Nexen et CNOOC. Nexen a rejeté deux offres de CNOOC, les jugeant trop faibles, avant de finalement se laisser convaincre.

Si la transaction va de l'avant, il s'agira de la plus importante acquisition jamais réalisée par la Chine à l'étranger.

Le gouvernement conservateur de Stephen Harper n'a rejeté que deux offres d'acquisition étrangères depuis qu'il est au pouvoir. La plus connue est l'offre d'achat hostile de 40 milliards $ qui avait été présentée par BHP-Billiton pour Potash (TSX:POT).

En 2008, Ottawa avait aussi bloqué l'acquisition des activités aéronautiques de MacDonald, Dettwiler and Associates par une entreprise américaine.

L'offre pour Nexen fait aussi sourciller au sud de la frontière, où le sénateur américain Charles Schumer a exprimé certaines réticences.

Le siège social de Nexen se trouve à Calgary, mais la compagnie est aussi très active dans le golfe du Mexique. M. Schumer a expliqué qu'il ne s'oppose pas nécessairement à la transaction, mais qu'il souhaite voir son gouvernement bloquer l'entente de manière à faire pression sur la Chine pour qu'elle modifie certaines pratiques commerciales.

Nexen et CNOOC faisaient affaire ensemble avant la transaction. Elles sont partenaires pour le projet d'exploitation des sables bitumineux de Long Lake, près de Fort McMurray en Alberta, qui est affligé d'une série de problèmes techniques et dont la production reste éloignée des objectifs évoqués. Les deux entreprises sont aussi partenaires dans le golfe du Mexique.

Nexen est active dans l'ouest du pays, dans le golfe du Mexique, en mer du Nord, en Afrique et au Moyen-Orient. Ses principales réserves se trouvent dans les sables bitumineux canadiens.

Le gouvernement canadien a laissé entendre cette semaine qu'il aimerait que les entreprises canadiennes disposent d'un meilleur accès au marché chinois.

Mercredi à la Bourse de Toronto, le titre de Nexen a clôturé à 25,93 $, en hausse de 4 cents.

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