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Jacques Duchesneau ramène la question de l'intégrité dans la campagne électorale

29/08/2012 12:16 EDT | Actualisé 29/10/2012 05:12 EDT

QUÉBEC - Une fois de plus, Jacques Duchesneau a ramené la question de l'intégrité du gouvernement dans la campagne électorale, mercredi, contrariant le chef libéral Jean Charest, qui a crié au salissage.

Ce 29e jour de campagne a débuté avec les déclarations du candidat caquiste et ex-chef de l'Unité anticollusion, Jacques Duchesneau, affirmant sur les ondes de Cogeco, à l'émission de Paul Arcand, que des ministres libéraux s'étaient retrouvés sur le yacht de l'homme d'affaires Tony Accurso, qui doit répondre de ses gestes devant la justice.

Il a dit connaître les noms des ministres en question, mais ne pas pouvoir les dévoiler. «Je ne donnerai pas de noms», a-t-il dit.

Placé sur la défensive, le chef libéral et premier ministre Jean Charest n'a pas tardé à réagir pour affirmer catégoriquement qu'aucun de ses ministres n'était allé sur le bateau de Tony Accurso. Il a demandé à M. Duchesneau de s'excuser, ses allégations n'ayant aucun fondement.

«S'il veut faire une accusation comme ça, qu'il en donne la preuve. Sinon, qu'il présente ses excuses et que M. Legault le rappelle à l'ordre», a tranché Jean Charest en campagne à Saint-Romain, dans la circonscription de Mégantic.

«On ne veut pas vivre dans une société où on s'accuse mutuellement comme ça gratuitement, dans le seul but de faire mal et de blesser et de nuire», a-t-il ajouté.

M. Charest avait plus tôt commenté les manifestations qui perturbent la rentrée universitaire à Montréal, en faisant valoir que l'intimidation était intolérable dans une société comme la nôtre.

En après-midi, il est retourné pour la quatrième fois dans sa circonscription de Sherbrooke, où l'attendait un comité d'accueil constitué d'une poignée d'étudiants en colère.

Le chef libéral devait rencontrer les commerçants du marché de la Gare en plein centre-ville, mais une cinquantaine de manifestants l'attendaient en scandant des slogans peu flatteurs.

La manifestation s'est déroulée sans grabuge, mais M. Charest a préféré annuler l'activité pour éviter que les commerçants souffrent des perturbations. Ce n'est pas un concours de «machisme», a-t-il dit pour expliquer son choix, disant vouloir laisser «la culture d'affrontement aux autres».

M. Charest a aussi exhorté ses adversaires Pauline Marois et François Legault à faire preuve de courage en dénonçant les gestes posés par certains étudiants cagoulés.

Après s'être fait voler la vedette par son candidat Jacques Duchesneau, le chef de la CAQ François Legault a dû jouer du coude avec un des candidats-vedettes du Parti québécois, Jean-François Lisée.

Geste inusité, le candidat du PQ dans Rosemont s'est invité à un discours prononcé par M. Legault, pour l'interpeller publiquement, devant un regroupement de gens d'affaires de l'est de la métropole.

En agissant de la sorte, les péquistes font la démonstration qu'ils sont «désespérés», selon le chef de la CAQ.

Le candidat péquiste tenait à indiquer que le prolongement du métro dans l'est de Montréal était une priorité pour les maires de la région, alors que M. Legault privilégiait plutôt le développement du train de banlieue.

M. Lisée a par ailleurs dévoilé les engagements du Parti québécois visant à contrer le déclin du français à Montréal.

Pendant ce temps, de passage en Abitibi, sa chef, Pauline Marois, a précisé sa stratégie relative à l'amiante. Elle a dissipé les doutes sur sa volonté d'interdire l'exploitation de l'amiante si elle est portée au pouvoir, le 4 septembre. Le Parti québécois entend aussi annuler le prêt de 58 millions $ consenti par le gouvernement libéral aux promoteurs de la mine Jeffrey d'Asbestos, préférant consacrer cette somme à des efforts de diversification économique.

L'abandon pur et simple de cette filière industrielle controversée «est la voie qui semble se dégager actuellement», a convenu Mme Marois pour qui l'exploitation de l'amiante est «une industrie d'une autre époque».

De son côté, Québec solidaire reproche au gouvernement Charest d'avoir sciemment omis de mentionner les nombreuses mines d'uranium prévues dans le Plan Nord et de permettre que des fonds publics servent à construire des infrastructures pour desservir ces mines.

L'exploitation de mines d'uranium sur ce territoire était connue, mais, selon le coporte-parole de Québec solidaire, Amir Khadir, on en ignorait l'ampleur et le nombre.

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