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Convention républicaine : Paul Ryan, le Monsieur Muscle de Mitt Romney

29/08/2012 12:51 EDT | Actualisé 29/10/2012 05:12 EDT

Paul Ryan, colistier de Mitt Romney dans la course à la Maison Blanche, est un ultra-conservateur de 42 ans au discours musclé, pressé d'en finir avec la présidence démocrate mais aussi avec l'héritage de George W. Bush.

Il était mercredi l'intervenant phare à la convention républicaine de Tampa (Floride), où il devait formellement accepter sa nomination. Si M. Romney est élu le 6 novembre prochain, il deviendra son vice-président.

Encore peu connu du grand public, c'est un pur produit de Washington. Il a toujours fait de la politique, élu Représentant au Congrès pour la première fois à 28 ans dans son Etat natal du Wisconsin (nord), et réélu haut la main six fois depuis.

Grand brun athlétique aux yeux bleus, ce catholique a le charisme qui manque à Mitt Romney. Son entrée dans la campagne républicaine le 11 août, quand Romney a annoncé son choix, y a fait souffler un vent bienvenu de dynamisme et de jeunesse.

Même s'il a depuis un peu modéré son discours, soucieux de ne pas connaître le destin d'une Sarah Palin, colistière républicaine de John McCain rapidement tombée en disgrâce en 2008, Paul Ryan est surtout connu comme le chantre du conservatisme fiscal, favorable à une réduction massive des dépenses publiques, avec des coupes sombres dans les programmes sociaux.

Président depuis l'an dernier de la puissante commission du budget à la Chambre des Représentants, il prône notamment la privatisation de l'assurance maladie des seniors (medicare), pour ceux qui ont aujourd'hui moins de 55 ans.

Sous la présidence Bush - une période où il était selon ses dires très malheureux - il avait aussi en vain poussé pour la privatisation du système de retraite.

Ultra-conservateur affable, pêcheur et chasseur, marié et père de trois jeunes enfants, c'est aussi un fou de musculation, auquel il s'adonne tous les matins. Et il a vite troqué en campagne les chemises trop amples pour les polos, plus flatteurs pour ses 74 kilos de muscles et 1m88.

Ryan est en politique comme dans la vie un homme pressé. Son père et son grand-père sont tous les deux morts avant l'âge de 60 ans. C'est lui qui a 16 ans a découvert son père, qui ne s'était pas réveillé. Il raconte avoir alors appris à ne compter que sur lui.

Catholique pratiquant, il est contre l'avortement sans exception, contre les mariages homosexuels, contre l'assurance maladie imposée par Barack Obama, et défend les droits des propriétaires d'armes à feu. Certains membres du tea party voient en lui leur héros.

Même si les experts ont vu en sa nomination un "pari", témoignant du durcissement à droite de Mitt Romney, les sondages n'ont guère bougé, une inertie qui ne surprend pas Susan MacManus experte politique de l'université du sud de la Floride.

"Historiquement, les colistiers sont une voix de plus dans la campagne, ils peuvent récolter de l'argent, mais à la fin, les électeurs ne prennent pas leur décision sur la base du colistier", dit-elle.

Mercredi, Paul Ryan, qui habituellement préfère parler de chiffres et de politique, ou tomber à bras raccourcis sur le président démocrate Barack Obama, devait parler à la convention de ses racines irlandaises, de sa vie dans une petite ville du Wisconsin et de valeurs d'entraide.

Une façon d'essayer de gommer un peu l'image élitiste souvent associée au richissime Mitt Romney, celui qu'il appelle familièrement "le boss".

bd/lb/jca

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