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Citigroup continue de payer pour la crise des subprimes

29/08/2012 04:24 EDT | Actualisé 29/10/2012 05:12 EDT

Quatre ans après la chute de Lehman Brothers, les banques américaines continuent de régler les comptes de la crise financière, à l'image de Citigroup qui a accepté mercredi de payer 590 millions de dollars pour solder des poursuites liées aux subprimes.

Citi a annoncé qu'elle était prête à payer cette somme dans le cadre d'un accord amiable qui, s'il est validé par la justice, mettrait fin à un recours collectif lancé par des actionnaires considérant avoir été trompés sur son exposition à des titres financiers risqués.

Le cabinet d'avocats Kirby McInerney, qui représentait des investisseurs s'estimant lésés, a salué "une récupération (d'argent) importante liée à la crise des subprimes et du crédit".

"Cet accord est une étape importante vers la résolution de notre exposition à des plaintes liées à la période de la crise financière", a commenté pour sa part la banque, qui continue de nier les accusations mais dit ainsi vouloir "éliminer les incertitudes, charges et dépenses" liées à la procédure.

Les faits reprochés remontent à la période allant du 26 février 2007 au 18 avril 2008, durant laquelle Citigroup aurait caché ou fourni des informations trompeuses sur son exposition aux CDOs (Collateralized debt obligations).

Ces obligations complexes, adossées notamment sur des emprunts hypothécaires à risque (les "subprimes"), s'étaient à l'époque retrouvées dans les bilans de plusieurs banques, entraînant des pertes énormes et contribuant à la crise financière mondiale.

Comme beaucoup d'institutions financières, Citigroup avait vu son cours de Bourse plonger après la révélation de son exposition aux CDO, qui avait largement participé à sa perte annuelle de plus de 18 milliards de dollars en 2008.

En avril 2008, l'action du groupe avait ainsi perdu 46% de sa valeur par rapport au plus haut de 56,41 dollars enregistré durant la période de référence pour le recours collectif, rappelle le cabinet Kirby McInerney, soulignant que "cette chute a causé des milliards de dollars de pertes pour les actionnaires".

Or "les accusés étaient conscients à la fois de l'importance des CDO détenus par Citigroup et de leurs pertes avant que ces problèmes ne soient rendus publics", a-t-il réaffirmé mercredi.

Suite à la crise financière, de nombreux recours ont été lancés aux Etats-Unis par des investisseurs contre des institutions financières, accusées de leur avoir caché la gravité de leur situation financière ou de leur avoir vendu des produits financiers sans les informer suffisamment sur leurs risques. Toutes les procédures ne sont pas encore closes.

Citigroup n'est donc pas la première à devoir mettre la main à la poche, même si le montant annoncé mercredi est l'un des plus élevés consenti jusqu'ici.

Bear Stearns, rachetée dans l'urgence par JPMorgan Chase en 2008 pour éviter une faillite pendant la crise des subprimes, avait ainsi accepté en juin de payer 275 millions de dollars pour mettre fin à une plainte en nom collectif d'investisseurs estimant qu'elle avait menti sur la gravité de sa situation financière.

L'an dernier Wells Fargo avait versé 590 millions de dollars pour solder des poursuites lancées pour les mêmes raisons contre sa filiale Wachovia.

Et concernant la vente de produits risqués, Bank of America avait notamment accepté d'indemniser à hauteur de 315 millions des investisseurs qui estimaient avoir été trompés par sa filiale Merrill Lynch, rachetée durant la crise.

Citigroup elle-même avait déjà négocié avec la SEC, le gendarme boursier américain, le versement de 285 millions de dollars.

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