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Ban Ki-moon critique l'Iran pour son manque de respect des droits de la personne

29/08/2012 05:01 EDT | Actualisé 29/10/2012 05:12 EDT

TÉHÉRAN, Iran - Le secrétaire général des Nations unies a critiqué ses hôtes iraniens mercredi en marge du sommet des pays non alignés, soulignant les «sérieuses préoccupations» de la communauté internationale face à la situation des droits de la personne en Iran.

Ban Ki-moon avait déjà annoncé qu'il ne se priverait pas de critiquer l'Iran durant sa visite au sommet du Mouvement des non-alignés à Téhéran, mais les dirigeants iraniens ont semblé pris au dépourvu par ses commentaires, peu après son arrivée dans le pays.

«Nous avons discuté de la façon dont les Nations unies peuvent travailler avec l'Iran pour améliorer la situation des droits de la personne. Nous avons de sérieuses préoccupations au sujet des violations des droits de la personne dans ce pays», a dit M. Ban lors d'une conférence de presse commune avec le président du Parlement iranien, Ali Larijani, qui a froncé les sourcils en entendant ses propos.

Les organisations de l'opposition iranienne avaient demandé au secrétaire général de l'ONU de se servir de sa visite à Téhéran pour critiquer le régime iranien pour sa répression de la dissidence politique, notamment l'assignation à résidence de Mir Hossein Mousavi et de Mahdi Karroubi, deux chefs de file de l'opposition.

Durant sa visite à Téhéran, M. Ban pourrait aussi soulever d'autres questions sensibles, notamment celle du programme nucléaire iranien. L'Iran affirme n'avoir aucune visée militaire, mais les pays occidentaux et leurs alliés pensent que Téhéran est en train de se doter de l'arme nucléaire.

Le porte-parole de l'ONU, Martin Nesirky, a indiqué que dans ses entretiens avec les dirigeants iraniens, le secrétaire général avait exprimé sa frustration face au «manque de progrès tangible» dans les discussions sur le dossier nucléaire entre l'Iran et les grandes puissances. Aucune date de reprise des discussions n'a été fixée après plusieurs rondes de négociations au cours des derniers mois.

Les dirigeants iraniens affirment vouloir poursuivre les discussions, mais estiment aussi que le rassemblement des pays non alignés à Téhéran montre que les efforts des pays occidentaux pour isoler l'Iran ont échoué.

Téhéran tente d'utiliser l'événement, qui rassemble des représentants de 120 pays pendant une semaine, pour faire valoir le caractère pacifique de son programme nucléaire et pour affirmer que son programme d'enrichissement d'uranium respecte les traités internationaux.

La visite de Ban Ki-moon à Téhéran est considérée par les dirigeants iraniens comme un coup dur porté aux tentatives des pays occidentaux d'isoler la République islamique. Israël et les États-Unis avaient appelé les autres pays à boycotter le sommet.

Téhéran tente aussi d'obtenir le soutien des pays non alignés, qui représentent près des deux tiers des États membres de l'ONU, envers son programme nucléaire. Les autorités iraniennes n'ont pas exclu d'inviter les participants du sommet à visiter l'usine d'enrichissement d'uranium de Natanz, dans le centre de l'Iran.

Plus tard dans la journée, le secrétaire général de l'ONU s'est entretenu avec le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, et le président Mahmoud Ahmadinejad, selon la télévision publique iranienne. M. Ban avait précédemment indiqué qu'il discuterait de la guerre en Syrie avec les dirigeants iraniens, qui restent de fidèles alliés du régime de Bachar el-Assad.

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