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Assad intraitable, décidé à gagner la guerre

29/08/2012 03:43 EDT | Actualisé 28/10/2012 05:12 EDT

Le président syrien Bachar al-Assad, intraitable après plus de 17 mois d'un conflit dévastateur, s'est montré résolu à gagner la guerre face à la rébellion même s'il a admis que cela nécessitait encore du temps, dans des déclarations diffusées mercredi.

Alors que la Syrie est ravagée par les violences qui ont fait des dizaines de milliers de morts, poussé à la fuite des centaines de milliers de personnes et détruit une partie des infrastructures, M. Assad a clairement montré qu'il n'était pas prêt à céder, malgré les nombreux appels à quitter le pouvoir.

"Je peux résumer (la situation) en une phrase: nous progressons, la situation sur le terrain est meilleure mais nous n'avons pas encore gagné, cela nécessite encore du temps", a-t-il dit, selon des extraits d'une interview à la chaîne privée pro-régime Ad-Dounia qui la diffusera in extenso en soirée.

Le président, qui se targue du soutien de la majorité de la population pour en finir avec les rebelles, a reconnu que son régime avait commis de "nombreuses erreurs" mais que malgré cela, il existait "un lien solide" entre le pouvoir et le peuple.

A la veille d'une réunion ministérielle du Conseil de sécurité de l'ONU jeudi à New York sur l'aide humanitaire aux réfugiés syriens, il a jugé "irréaliste" le projet d'une zone-tampon en Syrie évoqué par l'Occident et la Turquie.

Le régime Assad compte, comme depuis le début du conflit en mars 2011, sur l'appui des alliés russe et chinois pour bloquer toute résolution qui lui nuit au Conseil de sécurité.

Débordée par l'exode des Syriens, la Turquie a multiplié les appels à la création de ces zones tampons près de sa frontière, disant espérer que le Conseil de sécurité "agirait" pour héberger les réfugiés "dans des camps" en Syrie.

Le président Assad, lâché par des proches dont le Premier ministre Riad Hijab et des généraux ces derniers mois, a raillé les défections.

"Les gens patriotes et les gens bien ne s'enfuient pas, ne quittent pas la patrie. Finalement, cette opération (de défection) est positive, c'est une opération d'auto-nettoyage de l'Etat premièrement et de la nation en général", a-t-il lancé.

Les interventions de M. Assad sont rares depuis le début de la révolte, au départ pacifique puis transformée en rébellion armée face à la répression brutale du régime. Le 26 août, il avait devant un émissaire iranien déjà promis de vaincre la rébellion à "n'importe quel prix".

L'Iran, principal allié du régime Assad dans la région, accueille jeudi et vendredi un sommet des non-alignés auquel participeront le Premier ministre et le chef de la diplomatie syriens.

Alors que le régime n'a jamais reconnu l'ampleur de la contestation et accuse l'opposition et les rebelles d'être des "gangs terroristes à la solde de l'étranger", ses forces ne cessent de bombarder et lancer des assauts pour déloger les rebelles retranchés dans de nombreuses villes dont Damas.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), les violences se poursuivent notamment dans Damas et sa banlieue est, à Alep (nord) et à Idleb (nord-ouest), mais les insurgés opposent une forte résistance à l'armée.

Au moins neuf personnes, dont sept civils, ont péri dans les violences à travers le pays, selon un bilan provisoire de l'ONG.

Les rebelles ont affirmé avoir lancé une attaque audacieuse avec des chars, généralement saisis après des défections de militaires, contre l'aéroport militaire de Taftanaz entre Idleb et Alep, y détruisant cinq hélicoptères.

Mais la télévision d'Etat a affirmé que les forces armées avaient repoussé l'attaque en faisant des tués parmi les "terroristes".

Selon le quotidien privé proche du pouvoir, Al-Watan, l'armée poursuit son "opération de nettoyage" à Alep où les combats durent depuis plus d'un mois pour le contrôle de cette vile stratégique.

A l'hôpital de la ville, les corps de femmes et d'enfants défigurés, retrouvés dans les décombres d'habitations effondrées, témoignent des violences. Un médecin, Abou Ismaïl, a affirmé à l'AFP que 25 civils étaient tués en moyenne par jour dans la métropole.

L'AFP n'est pas en mesure de vérifier ces informations de source indépendante.

Dans une banlieue de Damas, Zamalka, l'agence officielle Sana a rapporté que des "terroristes" avaient tué des femmes et des hommes "sous les yeux des habitants", puis placé leurs corps dans une mosquée, avant de piéger le lieu saint. "Les terroristes vont faire exploser la mosquée et accuser l'armée (...) de commettre un massacre pour provoquer des réactions internationales contre la Syrie à la veille de la réunion" de l'ONU, a-t-elle dit.

Dans la capitale, la peur et lassitude s'installent. "Je suis toujours contre le régime mais la poursuite de la guerre, c'est un suicide collectif", affirme Mohammad, un entrepreneur sunnite.

bur-ram/tp

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