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Angola: fin de la campagne électorale avec un meeting géant de Dos Santos

29/08/2012 11:48 EDT | Actualisé 29/10/2012 05:12 EDT

Le MPLA du président angolais José Eduardo dos Santos, au pouvoir depuis 1975, a clos mercredi sa campagne par un meeting géant devant des dizaines de milliers de personnes dans la périphérie de Luanda, en réclamant un nouveau mandat à deux jours des élections générales du 31 août.

Selon la nouvelle Constitution, le chef du parti vainqueur aux élections législatives devient président de la République.

Lors du dernier scrutin en 2008, le MPLA (Mouvement populaire pour la libération de l'Angola) avait remporté 81% des suffrages contre 10% pour l'Unita, première formation d'opposition. Le scrutin avait été jugé valide par les observateurs internationaux, mais l'Unita (Union nationale pour l'indépendance totale de l'Angola) avait déploré des fraudes.

Cette année, ce parti déplore l'absence d'observateurs européens, mais des Africains seront bien présents vendredi.

Et la question de la transparence du scrutin est de nouveau posée. Depuis janvier, l'Unita dénonce une organisation entachée d'irrégularités et fait pression sur la Commission nationale électorale pour les corriger.

S'il a obtenu gain de cause sur plusieurs points, dont le départ de l'ancienne présidente de la Commission, jugée trop proche du pouvoir, l'Unita se dit encore insatisfaite à deux jours du scrutin, soulignant notamment des failles dans le système de transmission des résultats.

Au-delà des aspects techniques, l'ensemble de l'opposition dénonce la partialité des médias publics nationaux et l'omniprésence du MPLA dans les sujets télévisés et radiodiffusés.

Pour le dernier jour de campagne, des centaines de bus de militants du parti au pouvoir ont convergé vers le stade du 11 Novembre, achevé en 2009 à Camama, près de la capitale, pour la Coupe d'Afrique des Nations de football.

"Nous savons quels sont les défis que l'Angola doit relever. Nous sommes un parti réaliste, pragmatique", a lancé le président dos Santos.

"Le MPLA étudie les problèmes, trouve des solutions, puis les explique aux Angolais", a-t-il dit assuré.

José Eduardo dos Santos, 70 ans depuis mardi, a souhaité que "chacun sente qu'il fait partie du grand projet visant à faire de l'Angola un pays prospère et démocratique".

Le MPLA a engagé depuis la fin de la guerre civile en 2002 une politique de reconstruction des infrastructures, financée par la manne pétrolière du pays.

"Le président José Eduardo dos Santos est le candidat des Angolais, il a construit des écoles et des hôpitaux ", a souligné Joao Limon, un étudiant de 22 ans.

Si l'espérance de vie est passée de 40 ans en 1980 à plus de 51 ans aujourd'hui, la reconstruction n'a pas mis fin au chômage et à la pauvreté, près des deux tiers de la population vivant avec moins de 2 dollars par jour.

Pour répondre aux attentes sociales, le parti dominant a fait campagne autour du slogan "croître davantage et mieux distribuer" en promettant un meilleur partage des richesses.

Dans le même temps, le numéro deux et possible successeur de Dos Santos, l'ex-patron de la compagnie pétrolière Sonangol Manuel Vicente, s'est chargé de critiquer lors d'autres meetings la faiblesse de l'Unita.

Surfant sur l'actuel vent de contestation, ce dernier entend apporter la démocratie à l'Angola et lutter contre les inégalités en instaurant un salaire minimum mensuel de 500 dollars.

Son président, Isaias Samakuva, a achevé sa campagne avec deux meetings en province. Il devait faire une ultime déclaration dans la soirée depuis le quartier populaire de Viana à Luanda.

Appelant les Angolais à voter pour le changement, il espère que le vote de vendredi fera oublier la sévère déroute de 2008.

Un troisième homme s'est invité dans cette campagne. Terminant cette dernière avec des actions de rue dans Luanda, Abel Chivukuvuku, longtemps cadre de l'Unita, mène un tout nouveau parti d'opposition, appelé Casa (Convergence ample de sauvetage de l'Angola).

Renvoyant dos-à-dos le MPLA et l'Unita, il rencontre un grand succès auprès des jeunes, mais manque d'implantation.

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