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Un cabinet de conseil américain juge la dette de la France "surévaluée"

28/08/2012 06:11 EDT | Actualisé 28/10/2012 05:12 EDT

La fuite des investisseurs hors des pays frappés par la crise de la zone euro a conduit à "surévaluer" la dette française, estime un cabinet de conseils américain, filiale de la holding du milliardaire Warren Buffett.

"La France est considérablement surévaluée", a assuré John Gilbert, un des responsables de General Re-New England Asset Management (GR-NEAM), un cabinet rattaché à la holding Berkshire Hathaway.

D'après ses calculs, la France devrait emprunter à 10 ans à un taux d'interêt compris entre 4,5% et 5% alors qu'elle ne paye actuellement à ses créanciers qu'un taux d'environ 2,25%.

"Une course aux placements sûrs est en train de se développer" en raison de la crise de la dette en zone euro, a expliqué M. Guilbert, notant que les Etats jugés les plus fiables sont les grands bénéficiaires de ce mouvement de capitaux.

Selon lui, la ruée des investisseurs vers la dette des Etats-Unis, de la Grande-Bretagne ou de l'Allemagne est "compréhensible". "Concernant la France, nous sommes moins confiants", ajoute-t-il.

"Il y a des raisons évidentes pour expliquer le regard positif des marchés" sur la France, a reconnu l'expert.

Au deuxième trimestre, la croissance du produit intérieur brut (PIB) français a été nulle alors que la zone euro faisait un pas vers la récession.

"Mais ces performances sont faibles", a-t-il toutefois affirmé. Selon lui, la croissance française ne cesse de décélérer et l'industrie française "n'a cessé de perdre en compétitivité" au cours de la dernière décennie.

"Les marchés rapprochent davantage la France de l'Allemagne que l'Italie ou de l'Espagne", s'étonne M. Gilbert, qui assure que les investisseurs "se voilent la face".

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